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@savereux RP – Les Lauréats InnovDay TP 2021

Après une première édition organisée en 2017, InnovDay TP a relevé le défi d’organiser un rendez-vous de l’innovation placé sous le signe du distanciel. En dépit de la crise sanitaire et de ses effets déstabilisateurs pour les entreprises, près de 50 projets d’innovation ont été présentés, portés par des entreprises venues de toute la France.

« Je suis subjugué par le nombre et la qualité des innovations qui nous ont été présentées à l’occasion de cette deuxième édition d’InnovDay TP. Elles sont toutes porteuses d’avenir », s’est enthousiasmé Paul Galonnier, président du cluster Indura, mardi 25 mai à l’occasion de la remise des trophées. Au total, 49 projets ont été dévoilés, réparties au sein de trois catégories : Transition Numérique et Robotique, Sobriété Énergétique, Green Technologies. Autant de solutions, qui doivent permettre à l’écosystème des Travaux Publics de se montrer plus attractif et de répondre aux exigences de l’environnement.


« Pour Indura, l’innovation est une raison d’être. Le cluster a d’ailleurs été créé pour cela il y a une dizaine d’années », insiste Paul Galonnier. Une analyse que Pierre Rampa, président du hub Innov’Infra et créateur d’Indura, reprend volontiers à son compte. « Les membres du hub Innov’Infra veulent accélérer l’innovation sur tout le territoire et s’impliquent avec conviction pour que ces innovations prennent leur place auprès de nos maitres d’ouvrage », explique-t-il. Avant de rappeler qu’un nombre croissant de maitres d’ouvrage rejoint Indura et que cela doit faciliter le développement et le déploiement des innovations sur les chantiers.


Trois lauréats rhodaniens


Bien que les candidats en lice pour cette deuxième édition d’InnovDay TP soient venus de toute la France, ce sont trois entreprises rhodaniennes qui ont été récompensées, après avoir planché pendant trois minutes devant un jury de professionnels et de scientifiques. Dans la catégorie Transition Numérique et Robotique, le trophée est revenu à la société PaintUP de Villefranche-sur-Saône, pour son robot de traitement de façade. Dans la catégorie qui récompensait cette fois les innovations en matière de Sobriété Énergétique, c’est NGE Fondation, basée à Saint-Priest, qui a été consacrée pour ses écrans forestiers. Enfin, le trophée récompensant les innovations en matière de Green Technologies est revenu à CHAB, pour sa chaussette à béton. L’entreprise installée à Saint-Romain-de-Popey.


Un succès total pour l’entreprise créée par trois acteurs industriels du bassin de Tarare : Balas Textile, CTMI et SMB Bord Cote. « Nous sommes vraiment dans un sujet de rupture technologique et de changement de comportement des Travaux Publics par rapport à la gestion des sous-sols, explique Pour Olivier Balas, président de Balas Textile. Mais c’est aussi une innovation qui doit permettre de réaliser des économies d’énergie et des économies financières. » Avant de préciser : « Nous travaillons sur ce sujet depuis 7 ans et nous allons avancer assez vite maintenant en termes de développement technique et commercial. »




PaintUP : un robot pour le traitement des façades




Le robot de traitement de façade PaintUP est capable de nettoyer, décaper et peindre, grâce à un bras robotisé porté par un chariot télescopique rotatif. Au sol, un ordinateur et un laser permettent de positionner et piloter le robot avec une grande précision. Réalisé après 3 ans de R&D associant une Université et des industriels, le premier prototype PaintUP est entré en production en août 2019.


« Au-delà d’une finition prémium et d’une plus grande productivité, ce système améliore la sécurité en diminuant le risque de chutes et réduit la pénibilité, souligne Romaric Gomart, PDG Fondateur de PaintUP. Le potentiel de notre solution va au-delà de son utilisation actuelle. Il est possible entre autres de réaliser des fresques monumentales à des prix très concurrentiels. »


Des écrans forestiers pour réduire les travaux d’abattage


Les écrans forestiers mis au point par NGE Fondations permettent d’éviter la réalisation d’ancrages forés et scellés au coulis de ciment, de réduire les travaux d’abattage et le préjudice à l’environnement associé. « L’utilisation du peuplement forestier devient l’élément structurel des ouvrages de protection pare-pierres », précise Clément Bois, Directeur développement de l’entreprise.


NGE Fondations porte son effort de recherche sur des solutions innovantes en lien avec ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre et de respect de la biodiversité. Ses 780 collaborateurs accompagnent depuis 30 ans leurs clients sur tous les projets de fondations, de confortements et de travaux spéciaux. Ils interviennent sur l’ensemble du territoire français et à La Réunion.


Olivier Balas, Président de Balas textile : « Une technologie facile à mettre en œuvre »


Comment vous est venue l’idée de créer cette chaussette à béton ?


Nous avions des prospects du TP qui nous interrogeaient sur des solutions à trouver pour leurs problématiques de fondations. Nous sommes déjà présents dans les Travaux Publics, au travers de sujets comme la géothermie par exemple. Nous travaillons sur des systèmes de chaussette, mais avec des besoins de résistance bien moins importants. Nous avons donc décidé de plancher sur ce sujet en nous demandant comment remplacer un tube acier par quelque chose de beaucoup plus souple, de beaucoup plus léger à transporter et de beaucoup moins compliqué à mettre en œuvre. Comme les trois entités actionnaires de CHAB ont des connaissances dans la techno et dans les composites, nous avons travaillé pour trouver une solution disruptive.


Quelles sont vos ambitions avec cette innovation ?


Dans un premier temps, il va falloir modifier le comportement des usagers. Ce sera certes compliqué, car c’est toujours difficile de faire changer les choses du tout au tout, mais je suis convaincu que la période et le besoin de tous les acteurs de réduire leur impact carbone jouent en faveur de notre chaussette à béton. C’est une technologie facile à mettre en œuvre, avec un niveau de réactivité très important. Notre objectif est de commencer à avoir un chiffre d’affaires important dans les 12 à 24 mois.


A quelle échéance serez-vous prêts pour le déploiement de cette solution ?


Nous pouvons industrialiser la solution dès à présent, puisque nous avons déposé un premier brevet qui nous permet de développer cette chaussette. Aujourd’hui, nous travaillons sur un deuxième brevet pour assurer sa mise en œuvre sur les chantiers. Notre objectif est de faire certifier cette solution, pour qu’elle soit pérenne et que nos métiers à tricoter entrent en action très rapidement.


Une chaussette à béton pour remplacer des pieux forés tubés


CHAB est un projet de R&D collaboratif, qui a été mené par des sociétés aux savoir-faire complémentaires : conception, tissage et tricotage de textiles techniques à usage industriel, mise en œuvre de matériaux composites. Elles se sont également adossées sur l’expertise du laboratoire de GEOMAS de l’INSA de Lyon.


Le but du projet est de développer une solution de substitution aux pieux forés tubés et autres méthodes rigides de renforcement des sols, qui sont utilisés pour réaliser les fondations des infrastructures (bâtiments, ouvrages d’art, offshore) érigés sur des zones à faible résistance (anciennes carrières, zones karstiques ou tourbeuses…), en utilisant des tissus techniques


La solution technique CHAB consiste à développer un tricot circulaire en fibres techniques, qui servira de moule souple pour le coulage du pieu en béton. Cette solution est une rupture technologique pour l’industrie du génie civil et permettra de répondre aux problématiques de coûts, facilité de mise en œuvre et environnementales inhérentes aux techniques existantes et soulevées par les spécialistes des fondations.


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