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Assassin’s Creed : on a classé les jeux de la saga, du pire au génie

En attendant Assassin’s Creed Infinity, on s’est dit qu’il était temps de classer les jeux de la saga Assassin’s Creed.

En 2007, le tout premier Assassin’s Creed a ouvert la voie à un genre à part entière, mêlant réalité historique revisitée avec plus ou moins d’exactitude, et une recette action-aventure en open-world. Ubisoft a vite flairé la poule aux oeufs d’or, et les jeux se sont succédé à un rythme effréné, avec plusieurs sorties par an jusqu’en 2013, et continuant à venir se poser sur consoles et PC annuellement jusqu’à aujourd’hui. 

À ce jour, la série complète des Assassins d’Ubisoft compte pas moins de 12 jeux principaux, 17 épisodes spin-off, plusieurs films d’animation, une tonne de bandes-dessinées, comics et manga, et un horrible film Assassin’s Creed avec Michael Fassbender en roue libre. Avec 155 millions de jeux vendus, entre éclairs de génie, et purs produits d’exploitations, dire que la saga a connu des hauts et des bas serait un euphémisme.

 

 

Les débuts de la franchise affichaient une filiation avec Prince of Persia, soutenue par une volonté de réalisme historique, mais doublée d’une histoire dans le “vrai monde”, avec une méga-corporation qui utilise la mémoire génétique de ses cobayes pour explorer le temps et découvrir les secrets des Assassins et de l’Ordre des Templiers. Puis cette trame du réel est devenue bien encombrante, jusqu’à être une vraie épine dans le pied de la série, qui tâche de s’en détacher le plus possible depuis quelques années. 

Alors que Assassin’s Creed Valhalla continue à recevoir régulièrement du nouveau contenu, et en attendant le prochain Assassin’s Creed Infinity qui devrait ouvrir la licence à une nouvelle formule à la fois multijoueur et narrative, on s’est dit qu’il était grand temps de classer les épisodes principaux de la saga, du pire au meilleur. Qui de Altair, Ezio, Kassandra ou Eivor a vécu les meilleures aventures ? Verdict. 

 

La course pour le Top 1

 

12 – Assassin’s Creed : Unity

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Cocorico ! Direction la France et la Révolution française. Arno Victor Dorian, le héros de service croise Napoléon, Robespierre, et le Marquis de Sade dans sa quête de vengeance contre le dénommé François-Thomas Germain, un orfèvre bien malintentionné. Le sale type cherche à obtenir l’Épée d’Eden, un puissant artefact imprégné du pouvoir des Précurseurs, ces aliens dont la série n’arrive pas à se défaire. Germain meurt, Elise, la pote d’Arno, meurt, mais Arno devient Maitre Assassin. Chouette.  

Pourquoi c’est le moins bon ? Outre son scénario foutraque au possible, rarement surprenant, et un héros aussi charismatique qu’une huitre chaude, le véritable problème de ce Assassin’s Creed: Unity est sa technique. Ubisoft avait promis un système de combat revu, un open-world plus grand que jamais, et un mode multijoueur révolutionnaire (ha ha). Ces promesses étaient bien trop ambitieuses pour être tenues. 

 

Assassin's Creed: Unity : photoIncroyable numéro de magicien 

 

À sa sortie, le jeu était une catastrophe industrielle techniquement parlant, avec des bugs allant jusqu’à effacer les visages des personnages, ou faisant disparaitre des personnages essentiels à l’aboutissement de certaines quêtes, obligeant les joueurs à recommencer certaines missions des dizaines de fois jusqu’à pouvoir enfin les clôturer.

Alors oui, se balader dans le Paris de 1789 est assez sympathique, et Ubisoft avait même fanfaronné quant à l’aspect didactique de son titre. Mais le soft était si cassé qu’il était difficile d’en tirer le moindre plaisir de jeu. Qui plus est, ce huitième opus principal de la série était déjà embourbé dans un monde ouvert malade d’une overdose de quêtes peu intéressantes, et souffrait d’une répétitivité insupportable. Un épisode parfaitement oubliable.

 

Assassin's Creed: Unity : photoL’enfer s’appelle Unity

 

La bonne idée à sauver : Les quêtes secondaires appelées “Meurtres à résoudre” étaient plutôt bien vues. Celles-ci consistaient à inspecter des lieux où un assassinat a eu lieu, d’y relever les indices, et de confondre le meurtrier. À la clé : des armes uniques, et une quantité d’argent qui évolue en fonction de l’efficacité du joueur. Mention spéciale à l’affaire dite du Fantome Rouge des Tuileries, particulièrement bien conçue. Par contre, quel dommage que le concept même de ces side-quests ait été largement pompé sur les enquêtes de Batman Arkham…

 

Assassin's Creed: Unity : photoT’as de beaux yeux, tu sais

 

11 – Assassin’s Creed : Rogue

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Chronologiquement, Assassin’s Creed : Rogue se situe entre AC III et AC IV, et sa fin est le début de AC Unity. Shay Patrick Cormac est le héros de cet opus, et pour la première fois, les joueurs incarnaient un assassin qui a renié son crédo pour devenir Templier pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763). Son but : exterminer les Assassins jusqu’au dernier. On croise James Cook, George Washington et Benjamin Franklin, Shay déjoue une tonne de complots cachés dans d’autres complots et finit par devenir Grand Maitre de l’ordre des Templiers. 

Pourquoi c’est pas terrible ? Faisant suite à ACIV Black Flag, AC Rogue est un épisode paresseux. Pour beaucoup, il a tout l’air d’un DLC de Black Flag plutôt que d’un opus à part entière. Le choix de proposer un épisode intercalé entre ACIII et IV a permis à Ubi de justifier un manque flagrant d’ambition, doublé d’une fainéantise créative affligeante. 

 

Assassin's Creed: Rogue : photoUn air de déjà-vu

 

Les batailles navales sont identiques à celles de ACIV, la bande originale est un copié-collé de l’opus précédent, et même les animations du nouveau héros sont les mêmes que celle d’Edward Kenway, le protagoniste de Black Flag. Toute cette flemmardise de conception se retrouve cachée sous une overdose de quêtes secondaires ineptes, et derrière le fait de brandir la présence de personnages historiques dont l’implication scénaristique est aussi nulle que tirée par les cheveux, même pour un Assassin’s Creed. 

Le moment cool qui jette un froid : L’exploration du Pôle Nord constitue le seul passage vraiment intéressant du jeu. Des batailles navales à l’approche du cercle arctique, jusqu’à l’exploration du cimetière des épaves prises dans la glace, éclairées par les lumières dansantes d’une aurore boréale, ce chapitre a quelque chose d’unique dans la saga AC. Une réussite tant en termes de mise en scène que graphique, qui laisse à penser qu’on aurait préféré un DLC complet qui se passerait au Pôle Nord plutôt que la trentaine d’heures poussives de AC Rogue. 

 

Assassin's Creed: Rogue : photoLa marche de l’empereur du Templier

 

10 – Assassin’s Creed 3

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Suite directe de AC Revelations, Assassin’s Creed III prend place pendant la Révolution américaine. Connor/Ratonhnhaké:ton doit lutter contre les Britanniques afin que la Révolution puisse être menée à bien par les Pères Fondateurs. Connor voyage entre Boston, New York, Philadelphie et La Frontière, une zone quasi sauvage, navigue même sur l’Océan Atlantique. Pendant ce temps, dans le monde réel, tout devient du grand n’importe quoi, avec un Desmond Miles devenu un quasi-Dieu, qui empêche l’apocalypse de 2012. 

Pourquoi c’est l’épisode qui aurait pu tout changer, mais non ? Sur de nombreux points, Assassin’s Creed III a été l’épisode de l’expérimentation pour Ubisoft. Premier épisode sans Ezio ni Altair aux commandes, le premier a proposé des combats navals, et le premier à offrir de grands espaces sauvages à explorer. Qui plus est, il ouvrait une fenêtre sur les cultures natives américaines (Mohawk en particulier), fait extrêmement rare dans le jeu vidéo, une belle bouffée d’air frais en perspective.

 

Assassin's Creed III : photoBalade au grand air

 

Mais malgré toutes ses bonnes intentions, ce numéro 3 se prend les pieds dans le tapis, et ce sur des choses essentielles. Connor est distant et hautain, voire antipathique par moments, rendant difficile l’identification au héros. Certaines missions misant sur la furtivité tombent à l’eau, la faute à une jouabilité pataude et bancale. Et que dire des Pères Fondateurs ? Leur incompétence à prendre les bonnes décisions mettant leurs vies en danger toutes les 10 minutes finit par les rendre détestables. 

Le moment politique à sauver : L’épilogue hautement politique du jeu détonne dans la lignée Assassin’s Creed. Après avoir caché un médaillon sacré dans la tombe du fils d’Achille, Connor Davenport, afin que Desmond puisse le retrouver plus tard, Connor revient à New York et assiste à une vente d’esclaves. Lui qui pensait que la liberté avait vaincu, il réalise son erreur, et que cette liberté ne s’applique pas à tous, loin de là. Un engagement surprenant de la part d’Ubisoft, et un thème qui sera repris plus tard dans l’excellent DLC d’ACIV intitulé Freedom Cry. 

 

Assassin's Creed III : photoPour la furtivité on repassera

 

9 – Assassin’s Creed : Syndicate

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Après les Révolutions américaine et française, direction Londres en 1868. Cette fois on a droit non pas à un, mais à deux héros : Jacob et Evie Frye. Sauf que les frangins jumeaux ne sont pas d’accord sur la méthode à employer pour rétablir l’ordre dans Londres, Jacob veut unir les gangs en un syndicat du crime, Evie veut retrouver un artefact des Précurseurs. En route ils croisent Darwin, Dickens et Jack l’Éventreur. À la fin, ils se débarrassent du peu charismatique Crawford Starrick, qui dirigeait la ville en secret et était un Templier (encore).

Pourquoi c’est celui qui fait n’importe quoi ? Transporter l’aventure durant l’ère victorienne était plutôt bien vu, d’autant plus que l’ambiance quasi steampunk de la ville apportait un vrai renouveau en termes d’ambiance. Mais si Assassin’s Creed : Syndicate permet d’explorer cette Londres vivante et riche en secrets, le jeu le fait presque au détriment de sa propre trame scénaristique. 

 

Assassin's Creed: Syndicate : photoTroquer la capuche contre le haut-de-forme

 

L’accent a tellement été mis sur les quêtes secondaires et sur l’overdose d’activités parallèles que l’on peut découvrir et mener, que l’histoire principale parait presque accessoire. Dommage, car le duo Evie/Jacob fonctionnait plutôt bien. Et le fait de pouvoir passer de l’un à l’autre héros renouvelait avec succès le système trop bien rodé de la saga.

Mais surtout, en 2015 The Witcher 3 est passé par là, et la comparaison fait très mal à AC Syndicate.  Les fans ont eu la sensation d’être laissés pour compte, voire blousés par Ubisoft. La différence en termes de qualité d’écriture est telle que le jeu d’Ubisoft passe presque pour un jeu de seconde zone à côté du mastodonte de CD Projekt RED… La réponse d’Ubi à CDPR passera par une redéfinition de la formule Assassin’s Creed deux ans plus tard avec AC Origins. 

Le moment X-Files à sauver : Les enquêtes paranormales menées aux côtés de Charles Dickens via son Ghost Club sont assez savoureuses, bien qu’étant une resucée des enquêtes d’Assasssin’s Creed Rogue. Jouant les Mulder et Scully de l’ère victorienne, Jacob et Evie tentent de trouver l’explication rationnelle derrière des phénomènes étranges. Mention spéciale aux enquêtes des Cloches de l’Enfer et 50 Berkeley Square, particulièrement bien écrit et aux twists bien sentis. 

 

Assassin's Creed: Syndicate : photoMulder, Scully et Dickens

 

8 – Assassin’s Creed : RÉVÉLATIONS

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Partagée entre Constantinople et le XXIe siècle, l’intrigue permet d’incarner Ezio, Altair et Desmond, avec pour but de trouver l’arme ultime qui mettra fin à la guerre entre Assassins et Templiers. Spoiler : ça ne va pas vraiment fonctionner comme prévu. Les Précurseurs sont plus présents que jamais, avec Zeus, Minerve et Junon qui auraient construit des sanctuaires pour protéger la Terre et les humains d’un cataclysme. Desmond se retrouve avec la charge de sauver l’humanité. Et on reste sur notre faim.

Pourquoi c’est celui qui embrouille tout le monde ? Tôt ou tard, il fallait bien en passer par l’épisode qui les réunit tous. Assassin’s Creed : Revelations met donc en scène Desmond, Altair et Ezio au sein du même jeu, avec pour volonté de clôturer un arc narratif avant de repartir sur de nouvelles bases avec le futur ACIII. Au-delà du pur fan-service, Revelations a tout de l’épisode de trop en ce qui concerne le scénario. 

 

Assassin's Creed: Revelations : Altaïr (mort) et Ezio (vieux)Rencontre pas vraiment au sommet entre un Altair mort et un Ezio vieux

 

Le titre semble être un clone de Brotherhood, le potentiel narratif en moins. S’il est vrai que retrouver Altair fait franchement plaisir, le fait d’avoir mis Desmond au centre de tous les enjeux plombe complètement le titre. D’autant plus que les histoires de Précurseurs ont tout de la pseudo-SF complotiste largement pompée sur le mythe des Anciens Bâtisseurs, le génie de Stargate en moins. En résulte un épisode moyen, où on aurait préféré se contenter des passages aux côtés d’Altair et Ezio, au lieu de devoir subir l’apathique Desmond.  

Le moment de retrouvailles : Quand Ezio retrouve la dépouille d’Altair, squelettique, mais toujours encapuchonné, dans sa bibliothèque de Masyaf, difficile de ne pas avoir un petit pincement au coeur en réalisant que ces deux grandes figures de la saga ne sont en fait que des jouets du destin, dont la mission consiste à permettre à Desmond de réaliser son “immense” destinée. Entre regrets et mélancolie, il s’agit clairement du meilleur moment de Revelations. 

 

Assassin's Creed: Revelations : photoMalheureusement c’est lui le héros

 

7 – Assassin’s Creed : Brotherhood

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Suite directe de Assassin’s Creed II, l’intrigue se situe toujours pendant la Renaissance italienne, à Rome. Ezio est maintenant Grand Maitre Assassin, et forme des rebelles pour lutter contre les Borgia. Cezare Borgia convoite les artefacts des Précurseurs, alors que Lucrezia et Rodrigo Borgia souhaitent les dissimuler. À la suite de multiples embrouilles, Ezio tue Cezare, obtient la Pomme d’Eden, et a une vision de son avenir. Dans le monde réel, Desmond est dans la panade, et il finit par tuer sa pote Lucy, ce qui le laisse en état de choc. Pas de bol. 

Pourquoi c’est un épisode dispensable, mais pas raté ? Sur le papier, Assassin’s Creed : Brotherhood avait tout du pur produit d’exploitation, réalisé vite fait bien fait pour continuer à exploiter la popularité du chouchou des fans : Ezio Auditore. Suite directe d’ACII, le titre se limitait à la seule ville de Rome, et reprenait les poncifs de l’épisode précédent pour les resservir en mode réchauffé. Et pourtant la sauce prend. 

 

Assassin's Creed: Brotherhood : photoPlus on est de fous…

 

Les quelques nouveautés de gameplay de cet épisode vont faire date dans l’histoire de la saga : la capture de territoires, le mode multijoueur et le système de contrôle de la légion d’assassins ont tous été créés pour Brotherhood. Leonardo Da Vinci est également de retour, sorte de Q de James Bond façon Renaissance, et propose des tonnes de gadgets stupides, mais jouissifs, dont un parachute et des fléchettes empoisonnées. 

Ce qui surprend le plus cependant, reste la puissance narrative du titre, qui mène son histoire tambour battant, sans aucun temps mort, et ce malgré les multiples distractions qu’apportent les activités annexes des rues de Rome. Bien qu’étant une suite, elle apporte son lot de surprise, d’autant plus qu’elle se paie même le luxe de s’attarder sur le passé d’Ezio. Un bon cru pour Assassin’s Creed, mais qui traine encore de la patte à cause d’une technique encore une fois à la ramasse. 

La séquence émotion qui fait pleurer : Impossible de ne pas verser sa petite larme quand Ezio découvre la vérité concernant les morts de ses frères Federico et Petruccio, tués par Cezare Borgia pour son bon plaisir. À cela s’ajoute une longue quête pleine d’émotion au cours de laquelle il faut collecter des plumes (objets collectionnés par Petruccio) pour les remettre à la mère d’Ezio. Émotion garantie. 

 

Assassin's Creed: Brotherhood : photoLe labo de Q-Da Vinci

 

6 – Assassin’s Creed 4 : Black Flag

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Edward Kenway, pirate de son état vit de la flibuste au début du XVIIIe siècle. Suite à un combat en mer, et un ressort scénaristique plus tard, direction les mers des Antilles. Il vole l’identité du pirate Duncan Walpole, et le voilà en quête de cartes et d’un cube étrange pour Torres, le gouverneur de Cuba, qui est un Templier, comme par hasard.

Après de multiples allers et retours entre Nassau, La Havane et Kingston, Edward découvre un sanctuaire appelé l’Observatoire permettant de traquer n’importe quelle personne sur Terre. Edward y retrouve le Gouverneur Torres, le tue, rentre chez lui, apprend que sa femme est morte et qu’il a une fille, et rentre avec elle en Angleterre. 

 

BoysEt une bouteille de rhum ! Ho ! Ho ! Ho !

 

Pourquoi c’est l’épisode le plus frais ? Après la déception ACIII, Ubisoft devait frapper un grand coup pour remettre à flot la franchise AC. Pour Assassin’s Creed IV : Black Flag, l’éditeur prenait un gros risque : tirer un trait sur Ezio, Altair et le malaimé Connor, pour resituer l’action dans les Caraïbes. L’atmosphère de piraterie lumineuse du titre détonnait dans le paysage de la saga, mais aussi dans le paysage vidéoludique tout court. 

Loin du très froid Connor, Edward avait un côté gentil voyou qui le rendait attachant, et la galerie de personnages secondaires ne manquait pas de sel, mention spéciale à Barbe Noire. Et que dire des batailles navales hautement addictives. Black Flag reste un jeu magistral, solide techniquement, et bénéficie de l’une des plus belles bandes originales de la saga. Dommage que le jeu soit encore tiré en arrière par une jouabilité un peu pataude. 

Le moment le plus Jack Sparrow : Les combats navals et les longs moments de navigation en mer, bercés par les chants de marins, tout en admirant la nage des baleines aux côtés de votre navire ont encore aujourd’hui quelque chose de magique. Parvenir à couler son premier vaisseau ennemi, célébré par les cris de son équipage, provoque à coups sûrs des frissons le long de l’échine du joueur. 

 

Assassin's Creed IV: Black Flag : photoCapitaine Edward “Cousteau” Kenway

 

5 – Assassin’s Creed Origins

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Bayek aurait pu se la couler douce en Égypte Ancienne, mais une bande de tueurs masqués de l’Ordre des Anciens, en quête d’un sanctuaire des Précurseurs lui ont sacrément mis les nerfs. Et pour cause : ils ont tué son fils. Sa femme Aya et lui décident donc de tous les buter. Au départ aidé par Cléopâtre, il se fait trahir, et ça le rend encore plus furax. Aya et Bayek accomplissent leur vengeance, finissent par se séparer, Aya partant pour Rome pour tuer César, non sans avoir créé avant l’Ordre de “Ceux-qu’on-ne-voit-pas”, des Assassins. 

Pourquoi c’est l’épisode du renouveau ? Après les tristes Rogue, Unity et Syndicate, qui ont largement tiré sur la corde Assassin’s Creed jusqu’à l’épuisement, Ubisoft a décidé de faire (presque) table rase du passé pour repartir sur de nouvelles bases. Et quel nouveau départ ! Non seulement Assassin’s Creed Origins donne un nouveau regard sur la création de la Confrérie des Assassins, mais il offre aussi un monde immense, riche et vivant. 

Aya et BayekAya et Bayek, couple fusionnel

 

Pour la première fois dans un Assassin’s Creed, la véritable star du jeu n’est pas un personnage, ni même l’histoire, mais le biome lui-même. L’Égypte brille de mille feux, jamais la saga n’aura bénéficié d’un tel souffle d’immensité. La refonte n’a pas été que dans l’approche de l’environnement, mais aussi dans le gameplay, repensé en profondeur pour offrir un système de combat enfin nerveux et agréable.

L’aspect light-RPG a donné une seconde jeunesse à la série, permettant une personnalisation de l’expérience de jeu. AC s’est débarrassé de tout ce qui l’encombrait, et autorisait chaque joueur à vivre l’aventure comme il le voulait, soit en errant dans le pays, profitant des side-quests, ou en se focalisant sur une histoire qui embrassait pleinement ses ambitions mythologiques. Qui aurait imaginé AC capable de se réinventer de la sorte ?

Le moment qui prouve que tout a changé : Dès l’introduction, Ubi plonge les joueurs dans le grand bain. Il s’agit sans doute de l’un des meilleurs opening de toute la saga, spin-off compris. En quelques secondes, le décor est posé, et les marqueurs d’AC sont bien là : l’aigle, la vue aérienne, le bug d’écran qui rappelle la présence d’Abstergo (hélas), et un héros sans pitié, tout entier dédié à sa vengeance. 

 

Assassin's Creed Origins : photoAssassin’s Creed of the Wild

 

4 – Assassin’s Creed Valhalla

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Eivor Varinson/Varinsdottir (selon que le héros soit homme ou femme) a soif de conquête, direction donc le Royaume d’Angleterre de la fin du IXe siècle. En pleine quête de vengeance (encore), Eivor tombe sur une hache sacrée, a une vision du dieu Odin, et quelques rebondissements plus tard découvre que le Ragnarok n’est pas loin, et qu’il lui incombe de l’arrêter. Dans le même temps, Eivor fait régner la loi sur les terres d’Angleterre jusqu’à devenir le maitre des lieux. 

Pourquoi il rate de peu le podium ? Assassin’s Creed Valhalla a voulu être la synthèse totale de tout ce que peut produire la saga Assassin’s Creed. Cependant, en voulant trop en faire, le titre retombe quelque peu dans les travers de ses aînés, avec une trop grande opulence, et une tonne d’activités qui flirtent par moment avec l’écoeurement. Alors certes, AC Valhalla tente d’accorder deux facettes antinomiques de la série : la furtivité et le combat frontal, mais le fait au détriment de la cohérence de l’ensemble.

 

Assassin's Creed Valhalla : photo“Oh mon drakaaar, c’est le plus beau des drakaaars”

 

Si Origins et Odyssey avaient ouvert les vannes de l’aspect mythologique, Valhalla enfonce le clou en jouant totalement la carte de la présence des Dieux Nordiques aux côtés des humains, et de la menace du Ragnarok contre laquelle Eivor doit lutter, au risque de perdre celles et ceux qui auraient préféré un focus sur les enjeux politiques de la présence des vikings sur les terres anglaises. 

Reste que Valhalla produit une histoire savamment conçue, avec des enjeux à la fois humains et mythiques entremêlés, et des personnages très bien écrits, mais l’effet de surprise d’AC Odyssey est déjà passé… Et cet épisode signe définitivement l’adieu de la série à toute idée de cohérence historique, entre la présence d’armures divines, et la possibilité de chevaucher un loup, on est loin de l’envie de réalisme historique des deux premiers opus.

Le moment le plus fan-service : Grâce au DLC “Récits Entrecroisés”, Kassandra de AC Odyssey et Eivor peuvent se rencontrer, se castagner un peu avant de se dire qu’en fait c’est plus sympa d’être potes, et de vivre une aventure commune. Un vrai régal pour les fans, qui bien qu’un peu facile, reste particulièrement réjouissant.  

 

Assassin's Creed Valhalla : photoFan-service overload

 

3 – Assassin’s Creed 

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Desmond Miles travaille pour la société Abstergo. Grâce à l’Animus, il peut vivre la vie d’un de ses ancêtres. Le voilà donc dans la peau d’Altaïr Ibn-La’Ahad, assassin vivant en Terre Sainte lors de la Troisième Croisade. Renié par ses pairs, il doit regagner ses galons en accomplissant les missions d’assassinats confiés par ses supérieurs.

Il finit par se rendre compte qu’il est manipulé par son maitre Al-Mualim qui avait en fait rejoint la cause des Templiers afin de prendre possession d’un artefact : l’Orbe d’Eden. Mais Altair le liquide. De retour dans le monde réel, Desmond réalise qu’il a lui aussi été manipulé depuis le début, et que Abstergo veut prendre possession de ces étranges artefacts anciens. Il reste prisonnier d’Abstergo, en attendant le prochain épisode. 

 

Assassin's Creed : photoEn garde freluquet !

 

Pourquoi il reste indémodable ? Conçu par Patrice Désilets et Jade Raymond comme un successeur de Prince of Persia en 3D, Assassin’s Creed a presque défini un genre à lui seul. Mêlant réalité historique, scénario dense et intrigue SF contemporaine, l’ambition du titre est hallucinante pour un jeu datant de 2007. Le monde est criant de vérité, les rues vivantes, et la façon dont Altaïr se déplace, bondissant tel un félin de toit en toit, a marqué les esprits au fer rouge. 

Le titre concentre tout ce que la série allait devenir par la suite : imbroglios politiques, méthodes d’assassinats variées, obligation de la jouer furtif, mais aussi la répétitivité des quêtes secondaires, et le combat à l’épée d’une lourdeur pachydermique… Car tout n’était pas parfait, loin de là, et la série va trainer ces défauts pendant de nombreux épisodes. 

Le moment du saut dans le vide : Le premier saut de la foi reste totalement épique. Coincé en haut d’une tour, observant les alentours, qui ne laissent aucun doute quant au fait que la seule issue est de se jeter dans le vide, et harangué par un Maitre Assassin qui hurle que le brave ne doit ressentir aucune peur, Altair s’élance. Un cri d’aigle retentit, et après un plongeon de plusieurs dizaines de mètres, il atterrit dans un énorme fétu de paille, indemne. Mythique. 

 

Assassin's Creed : photoVers l’infini et au-delà !

 

2 – Assassin’s Creed 2

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Pendant que Desmond est retenu chez Abstergo, il se retrouve projeté en pleine Renaissance italienne, dans la peau d’Ezio Auditore, un jeune noble florentin. Victime d’une machination, son père et ses deux frères sont tués sous ses yeux. S’en suit une quête de vengeance (comme d’habitude) qui mène Ezio à Venise et Rome, où il devra accomplir son ultime dessein en tuant le pape, qui est en réalité le Grand Maitre des Templiers. Mais il l’épargne, et tout ça finit dans un délire digne de Stargate où Ezio découvre l’existence des Précurseurs.  

Pourquoi il est presque le meilleur ? Après le magnifique galop d’essai d’AC premier du nom, Assassin’s Creed II transforme l’essai de manière brillante. La narration est bien mieux maitrisée, déroulant peu à peu son intrigue et ses multiples ramifications, et Ezio est bien plus charismatique qu’Altair, avec un background plus solide et crédible. Son désir de vengeance reste une motivation simple, mais efficace, qui servira de moteur à toute l’histoire. 

 

Assassin's Creed II : photoEzio, homme volant

 

ACII est également le jeu qui ouvre la porte à la démesure si chère à la licence et à Ubisoft, contribuant à définir les canons de l’open-world post-2010. Le titre met également en avant un casting splendide faisant intervenir d’authentiques personnages historiques au gré des besoins du scénario, des machiavéliques Borgia et au fou génial Leonardo Da Vinci. Et n’oublions pas de mentionner la splendide musique de Jesper Kyd, une petite merveille. 

Le moment inoubliable : Au fil de son aventure, Ezio finit par se rendre compte que son destin est lié à celui d’Altair, le héros du premier Assassin’s Creed. Ce lien se matérialise par le Codex d’Altair qui, une fois complété, révèle un secret qui vient vriller le cerveau des joueurs (et d’Ezio). Ce Codex contient des secrets beaucoup trop en avance sur leur temps, et semble receler une prophétie impliquant Ezio, ainsi que des êtres à l’intelligence supérieure. Une révélation qui donne un coup de pied dans le scénario, et l’ouvre à de nouveaux horizons, un coup de génie. 

 

De Vinci et EzioOKLM avec son pote Da Vinci

1 – Assassin’s Creed Odyssey

Qu’est-ce qui se passe déjà ? Dans le monde réel, Layla Hassan découvre la Lance de Léonidas, et en tire deux ADN : ceux de Kassandra ou d’Alexios, permettant d’explorer la Grèce Antique, en 431 av. J.-C., en pleine guerre du Péloponnèse. En quête de sa mère, le héros possède la Lance de Léonidas, traque les adeptes du mystérieux culte de Delmos à travers tout le pays, et découvre que son père est Pythagore, toujours en vie grâce à un artefact des Précurseurs. La quête prend fin en pleine Atlantide, avec un massacre de monstres légendaires au passage.  

Pourquoi il est parfait ? Assassin’s Creed Odyssey prend toutes les nouvelles bases posées par AC Origins, et va plus loin dans tous les domaines. Le choix de transposer l’action bien avant la création de l’Ordre des Assassins a laissé les coudées franches à Ubi pour se livrer à tous les fantasmes, loin de toute obligation de raccrocher les wagons à un quelconque lore impliquant les Assassins et les Templiers. 

 

Assassin's Creed Odyssey : photoHomère n’a qu’à bien se tenir

 

Le fait de pouvoir choisir son héros ou son héroïne (Alexios ou Kassandra) est une première pour la franchise. Un soin tout particulier a été apporté aux quêtes secondaires, qui sont enfin à la hauteur de ce que la série méritait. Toutes les aventures ont été pensées et réalisées avec une attention inédite. Et pour une fois dans un AC, on a même droit à un peu de romance. De là à dire que AC Odyssey est le The Witcher 3 de la saga, il n’y a qu’un pas.

AC Odyssey est totalement décomplexé, les créateurs ont lâché la bride de l’inventivité, et ont régalé les joueurs grâce à une recette désormais surboostée à la mythologie grecque. Si on a pu avoir quelques doutes sur la pertinence de la présence du Minotaure ou du Sphynx, tout finit par faire sens. De son introduction rendant gloire au mythe des 300 Spartiates face à Xerxès à l’exploration de l’Atlantique, chaque minute de jeu est passionnante. En résulte un plaisir de jeu et de découverte de tous les instants, du jamais vu pour Assassin’s Creed. 

 

Assassin's Creed Odyssey : photoThis is Sparta Bi**** !

 

Le moment le plus mythique : Zack Snider peut aller se rhabiller. L’introduction d’Assassin’s Creed Odyssey est bien plus brutale, crue, et sauvage que son adaptation de 300. Incarner un Léonidas survolté, au meilleur de sa forme, dévastant les rangs ennemi à l’aide de sa lance légendaire est un des moments les plus glorieux de toute la franchise AC. Le terme “épique” semble avoir été inventé pour cette séquence.

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