Gaming

Attention Uncharted : les 10 pires films adaptés de jeux vidéo

Pour fêter le film Uncharted, retour sur 10 horribles films adaptés de jeux vidéo.

Pour toute personne ayant déjà rêvé, tremblé et sué sur sa manette ou son clavier, l’association de cinéma et jeu vidéo provoque quelques tremblements. Le souvenir des moustaches de Super Mario Bros., de Milla Jovovich dans Resident Evil, de Dwayne Johnson dans Doom, de Michael Fassbender dans Assassin’s Creed, des voitures de Need for Speed ou encore du récent Sonic le film reviennent à la surface, tels des croquemitaines du mauvais goût.

Comme l’équipe d’Ecran Large se vautre dans le mauvais goût chaque matin, et dans la moitié des articles, on a décidé de sélectionner 10 horreurs parmi toutes les horreurs appelées films, et adaptées de jeux vidéo. Il en manque beaucoup, et le flop 10 écarte tous les films d’animation. Mais bienvenue en enfer.

 

Garder la Peach et l’espoir

 

10. DEAD RISING

 

Dead Rising : Watchtower : photo, Meghan OryDeux tronçonneuses, ça ne veut pas dire deux fois plus de fun

 

Si certaines licences paraissent difficiles à transposer sur grand écran, les mécaniques de gameplay se conformant difficilement à la mise en scène cinématographique, d’autres ressemblent à de véritables bacs à sable. L’univers délirant de Dead Rising et son démastiquage de zombies par paquets de 12 présentaient tous les ingrédients de la bonne série B foutraque et salissante. En 2015, la dernière vague du zombie movie se terminait, mais on aurait bien pris un peu de rab’. Malheureusement, il y a de quoi rester sur sa faim.

Dead Rising : Watchtower, sorti directement sur la plateforme de streaming Crackle, est moins outrageusement nul que les autres films de cette liste, et c’est bien son drame. Jamais honteux, mais calibré, extrêmement fade visuellement, mais jamais totalement laid, pas désagréable, quoique rarement drôle, le film reste à la lisière de l’oubliable. Un comble pour l’adaptation (ou la prolongation, puisqu’il se déroule entre Dead Rising 2 et 3) d’une franchise qui doit son succès au massacre zombiesque de masse à la brosse à dents customisée.

 

Dead Rising : Watchtower : photoArmes chelou : check

 

En plus, le long-métrage est plutôt fidèle : il reprend plusieurs idées, comme celle du photo-reportage, grâce au personnage de Chase Carter, pendant sur pellicule de Frank West. Un héros par ailleurs également présent sous les traits de Rob Riggle, de loin le plus investi et le plus drôle des comédiens, malgré son temps de présence à l’écran. On retrouve aussi les fameuses armes improvisées… malheureusement jamais aussi délirantes que dans les jeux. Produit pour un budget qu’on devine très limité, le film ne fait jamais honneur à son matériau original.

De même qu’il n’essaie jamais de pallier son manque de moyens et ses impératifs narratifs par des trouvailles de mise en scène ou des effets gores particulièrement travaillés. L’ensemble ressemble quand même à une commande anonyme, qui n’aurait pas été aussi énervante si elle ne se revendiquait pas d’une oeuvre autrement plus fun. Il restera dans les mémoires comme le bout de la rampe de lancement de son réalisateur, Zach Lipovsky, ancien artiste d’effets spéciaux responsable de l’affreux Leprechaun: Origins, depuis réconcilié avec les fans de genre grâce à l’excellent Freaks, autrement plus inventif que cette triste occasion manquée.

À noter qu’une suite avec l’inénarrable Billy Zane, Dead Rising: Endgame, a également été tournée en 2016 pour sombrer à son tour dans l’oubli instantané. Comme quoi, le sous-titre “Endgame” ne garantit pas forcément un succès mondial. 

9. MAX PAYNE

 

Max Payne : photo, Mark Wahlberg, Mila Kunis

Flasque Payn

 

On est en 2008, soit l’année de l’avènement Marvel. Mais avant que Disney n’acquière l’éditeur de comics, les licences issues de la culture populaire sont souvent considérées par l’industrie comme des sous-produits nécessitant peu d’investissement artistique, à peine une poignée de références visuelles et scénaristiques pour dilater la satisfaction du spectateur et l’alléger de quelques Euros. Max Payne en est une des plus cruelles adaptations, tant on sent dans chaque plan que ses auteurs n’ont pas la plus petite idée de ce que représente le matériau originel ni des possibilités qu’il leur offre.

Max est un flic alcoolique, shooté aux antidouleurs, désireux d’exploser pour mieux se transformer en machine à tuer ? Demandons à Mark Wahlberg d’en faire un noble sauveur de veuves et d’orphelins, vaguement taiseux, mais qui fleure bon le savon hypoallergénique. Les djeunz aiment ce jeu vidéo où sa bastonne ? Confions la mise en scène au fossoyeur de l’action hollywoodienne, le pestilent John Moore, qui se chargera peu après de péter les rotules à la licence Die Hard. Il paraît que c’est dark ? Bah on va ajouter harpies issues d’un salmigondis de drogues et d’hallucinations.

 

Max Payne : photo, Mila Kunis

On doit viser tranquillement derrière des vitres pareilles

 

Bref, ce Max fait de la peine, tant il part perdant à tous les niveaux. Le plus terrible est peut-être le dernier acte du film, qui transforme Max en espèce de tueur de masses, lequel tue des dizaines de flics, tout cela pour atteindre un notable corrompu, preuve du mépris absolu de l’entreprise pour ses origines. Crachat ultime, ce dévoiement du personnage, soudain filmé comme les toxicos de Requiem for a Dream, est une des uniques séquences à s’accompagner de citations explicites du jeu de base. Au final, le seul ingrédient authentiquement torturé de ce Max Payne, c’est son spectateur.

Comme souvent, ce qui demeure le plus dément devant l’étendue de ce spectral ratage, c’est que la saga ludique dont s’inspire le métrage avait en son sein tous les éléments pour fournir à son adaptation un cahier des charges réussi et alléchant. Scénarios carrés, ne nécessitant que quelques coups de polish. Des protagonistes puissants, de Max en passant par Mona, tous offrent des possibilités de ressusciter le film noir grâce à des ancrages émotionnels puissants. Et enfin, les scènes d’action s’y trouvaient quasiment finalisées, comme si le studio s’était vu offrir une prévisualisation massive pour pas un rond. Mais peu importe, pourquoi faire faire bien quand on peut tout foirer ?

8. DOUBLE DRAGON

 

Double dragon : photo, Scott Wolf, Alyssa Milano, Mark DacascosUn budget costumes au top

 

Que se passe-t-il lorsque vous prenez un beat’em up culte, mais à l’univers rachitique, et choisissez d’en faire une adaptation ? Eh bien un gros délire indigeste, et c’est justement toute la tristesse de Double Dragon.

Face aux pâtés de pixels de la célèbre borne d’arcade, le film de James Yukich (The Return of Bruno, oui oui…) se lance dans une opération de dynamitage du jeu de baston en le remplissant d’absolument n’importe quoi, qu’il s’agisse de géants aux prothèses ridicules ou de voitures rechargées par des déchets.

Si le côté réac et anti-punk de ce genre de jeux aurait tout à fait pu donner lieu à un vrai film de gangs façon Les Guerriers de la nuit, Double Dragon préfère tomber dans l’excès d’un univers aux allures post-apocalyptiques, où les murs tagués, les néons immondes et les jeux de fumée abusés se semblent même pas dignes d’un Laser Quest perdu dans la Creuse.

 

Double dragon : photoDes horreurs que les yeux ne peuvent oublier

 

De l’aveu même de son réalisateur, le long-métrage a été pensé comme si ses deux héros étaient de simples ados, plongés dans une aventure fun et décomplexée pour toute la famille. Ce que Yukich et ses scénaristes (au nombre de quatre tout de même) n’ont pas saisi, c’est qu’il y a une différence entre l’adolescence et les maladies chromosomiques. On a de la peine à voir Mark Dacascos et Robert Patrick jouer les gamins immatures au milieu d’un récit qui prend l’ensemble de ses personnages pour des débiles profonds.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Double Dragon pète rapidement le crâne. Tout y est bruyant et exaspérant, alors que le film réussit pourtant l’exploit de traîner la patte, et d’offrir des scènes d’action inintéressantes. En voyant l’un des nos héros faire un high-kick dans la borne d’arcade d’origine, on se dit que le message ne pourrait pas être plus clair !

7. ASSASSIN’S CREED

 

Assassin's creed : Photo Michael FassbenderLe credo de la médiocrité

 

Dans le domaine de l’adaptation de jeux vidéo au cinéma, l’année 2016 a été particulièrement intéressante. On y a vu deux éditeurs créer leur propre filiale de production pour épauler un projet de film autour d’une de leurs célèbres franchises : d’un côté Blizzard avec le décevant Warcraft, le commencement, et de l’autre Ubisoft avec Assassin’s Creed. A priori, cette volonté de bien faire ne pouvait que rassurer les fans quant à la déférence envers le matériau d’origine.

Pas de bol, ce postulat a surtout reflété une incompréhension totale de ces garants en ce qui concerne l’idée d’adaptation. Assassin’s Creed a été pensé comme le point de départ d’une expansion de son univers historico-complotiste, quitte à servir la soupe pour promouvoir les jeux qu’Ubisoft enchaîne sans envie. Alors que Michael Fassbender a longtemps été rattaché au projet, l’acteur n’a pas eu de meilleure idée que d’embarquer dans cette galère le réalisateur Justin Kurzel, avec qui il venait de finir l’adaptation stylisée de Macbeth.

 

Assassin's creed : PhotoL’état de notre cerveau devant le film

 

Ce qui choque le plus avec cet accident industriel impardonnable, c’est qu’il passe complètement à côté de l’intérêt des jeux. Même les fans de la franchise s’accorderont pour dire que son décorum de science-fiction est loin d’être le plus passionnant, surtout lorsqu’il nous plonge dans la peau de Desmond Miles. Or, le film choisit de passer plus des deux tiers de son temps dans une prison high-tech chiante comme la pluie, plutôt que de construire en profondeur la relation que Callum Lynch (Fassbender donc) tisse dans l’Animus avec son ancêtre.

C’est d’autant plus aberrant que ce concept a servi, surtout aux balbutiements des consoles HD, à façonner une mise en abyme du dixième art lui-même. L’Animus permet à Desmond de s’immerger dans le passé via l’incarnation d’un avatar, telle une poupée gigogne identitaire qui arrive jusqu’au joueur. Assassin’s Creed le film aurait donc dû s’interroger sur une adaptation de cette problématique pour le médium du cinéma. Au lieu de ça, l’ensemble se contente d’enchaîner les scènes d’action soporifiques, dont le surdécoupage est incapable de mettre en valeur les prouesses de ses spécialistes en parkour.

Résultat, par la bêtise agaçante de son approche, même pas fichue de construire une dualité à son héros, Assassin’s Creed s’est méchamment ramassé au box-office, empochant à peine 54,6 millions de dollars contre 125 de budget. Comme quoi, la justice des Assassins peut parfois frapper juste…

6. MORTAL KOMBAT : DESTRUCTION FINALE

 

Mortal Kombat 2 : Destruction finale : photo, Musetta Vander, John Medlen, Marjean Holden, Tyrone C. WigginsAvinés, assemble !

 

Considérée comme un impayable nanar par certains, défendue bec et ongles par d’autres, la première adaptation de Mortal Kombat signée Paul W.S. Anderson avait pour elle quelques qualités – volontaires ou non. Ses choix de mise en scène douteux, ses chorégraphies feignantes (particulièrement en arrière-plan) et surtout sa musique, véritable hymne eurodance, lui garantissent encore un petit culte. Qualités dont sa suite ne peut même pas se vanter, elle qui ne recycle que ses pires défauts. Résultat : même les plus foireux des jeux de la saga (qui n’est pourtant pas avare en expérimentations ratées) ne sont pas aussi insignifiants.

On peut cependant lui reconnaître un exploit : rendre un film Mortal Kombat soporifique. Les quelques personnages rescapés, plus kitsch que jamais, déambulent pendant plus d’une heure dans des décors génériques, multiplient les dialogues bas du front et les bastons découpées à la scie sauteuse. Et on ne peut même pas compter sur le rire de Christophe Lambert pour nous tenir éveillés.

 

Mortal Kombat : Destruction finale : photoLendemain de soirée

 

Heureusement, il reste ce climax mémorable, à qui on doit probablement la méfiance de toute une génération envers les effets spéciaux numériques et la dépression nerveuse de James Cameron. Un monument de Z servi par des performances d’une autre galaxie (le célébrissime « Too bad YOU will die »), une avalanche de saltos sur trampoline et bien évidemment des CGI qui ont garanti à leurs instigateurs une place en enfer, aux côtés du diable de Spawn.

Un voyage aux frontières du “esthétiquement tolérable” d’autant plus hallucinant qu’il ne résulte pas d’un manque de budget ou d’un cafouillage technique… mais d’un pur opportunisme ! Brad Henderson a récemment révélé que la version découverte en salles était en fait une version de travail projetée avec succès à un public test probablement aveugle. Les monstres pixélisés devaient être retouchés… avant que le producteur Lawrence Kasanoff exige de sauter cette étape. De quoi faire de Destruction Finale l’une des plus légendaires et décomplexées des arnaques hollywoodiennes.

5. SILENT HILL : REVELATION

 

Silent Hill : Revelation 3D : photo, Adelaide Clemens Silent Hit and miss

 

Bel exploit pour Silent Hill au cinéma, passé du meilleur au pire en un seul film. Après le beau succès de l’adaptation de Christophe Gans en 2006, tout semblait pourtant sur des rails en or : le réalisateur devait revenir, avec son co-scénariste Roger Avary, soit le gage d’une certaine qualité et exigence. Mais en 2008, suite à l’arrestation et l’emprisonnement du scénariste pour homicide involontaire après un accident de voiture en état d’ivresse, tout commence à s’écrouler.

Gans s’en va, et les producteurs reprennent le projet en main, avec l’intention d’emballer une suite plus grand public (rires hilares). Lionsgate engage M.J. Bassett, responsable du très laid Solomon Kane, pour écrire et réaliser une adaptation logique du jeu Silent Hill 3, suite directe du premier Silent Hill sur console. Une bonne idée sur le papier, mais un monstrueux ratage à l’écran.

Premier problème : jamais Silent Hill : Revelation 3D ne parvient à retrouver une miette de l’ambiance des jeux, la faute à une direction artistique abominable qui regorge de vieilles perruques, décors grossiers, musiques de bas-étage et CGI affreuses. La photographie fade à en crever n’aide pas, et le budget de 20 millions (contre 50 pour le premier) a certainement condamné toute ambition de finition. Si le premier film était un magnifique musée à la gloire des jeux, la suite n’est qu’un tunnel impersonnel d’une laideur infâme.

 

Silent Hill : Revelation 3D : photoPyramide Dead

 

Le film ayant choisi de remplacer la solitude par un duo neuneu, il se prive de la moindre possibilité d’isoler Heather dans l’horreur, comme dans les jeux – et comme avec Rose, dans le premier film. Tout ça devient vite incroyablement bavard et démonstratif, comme si la moindre minute de silence devait être comblée par un dialogue ou un jumpscare. Une montagne de mauvais choix qui culmine dans la scène de l’araignée-mannequin, horrible création numérique (mais rare idée amusante du film) qui s’attaque à une figurante, comme si c’était un enjeu.

Silent Hill : Revelation 3D se vautre en plus dans un appétit de mauvaise série B, avec notamment le personnage de Vincent (magnifiquement mal interprété par Kit Harington), et une baston finale ridicule entre Pyramide Head et la Missionnary, que Paul W.S. Anderson n’aurait pas mieux filmée (et flinguée).

 

Silent Hill : Revelation 3D : photo, Adelaide ClemensPlus moche que Silent Hill sur PS1

 

Bien sûr, le fin mot de l’histoire est aussi simple qu’attendu : le film manquait d’une vision claire. En 2018, M.J. Bassett expliquait dans le podcast The Movie Crypt le doux cauchemar de Silent Hill : Revelation 3D, à commencer par la 3D imposée par les producteurs, ce qui a limité la mise en scène vu la lourdeur de l’opération. Écrire une suite en respectant le premier film et sans trop dévier des jeux, a également été un défi, que Basset décrivait une danse cauchemardesque.

Néanmoins, elle assumait : “Je l’ai écrit et réalisé, donc je suis responsable de ses ratés. Mais avec le recul, je pense que j’aurais dû me battre pour une vision plus personnelle. (…) À un moment, on réalise qu’on est passé à côté, et je sais à peu près pourquoi, mais ça a commencé à partir en vrille tellement tôt. Au moment où j’aurais dû dire ceci, me battre pour cela, et faire un film plus personnel, tendu, sexuel, et moins accessible”.

Vu le non-succès de Silent Hill : Revelation 3D, la saga a été mise en pause. Et sans crier gare, Christophe Gans a remis la main dessus, aux dernières nouvelles, puisqu’il était annoncé en janvier 2020 à la tête d’un nouveau film Silent Hill.

4. STREET FIGHTER : LA LÉGENDE DE CHUN-LI

 

Street Fighter : La Légende de Chun-Li : photo, Kristin Kreuk

Kristin Klaque

 

Tout le monde connaît Street Fighter. Tout le monde a vu les beaux cuisseaux de Jean-Claude Van Damme, nettement mieux irrigués que son crâne, son air bovin, mais investi quand, au détour d’une scène, il règle une réunion de l’ONU à coups de high kicks tournants. Tout le monde y a vu l’espoir dans les yeux de Kylie Minogue, celui d’une carrière de comédienne, un espoir plus moribond encore que la dignité du costumier qui devait chaque matin, appliquer la pâte à base de gonades de grenouilles sur le visage de l’interprète de Blanka.

Personne n’a oublié, parce que c’était à hurler de rire, et que le résultat est demeuré dans les annales des plus surréalistes adaptations de jeux vidéo. Mais avec son rythme halluciné, ses personnages trépanés et son premier degré de l’espace, cette transposition s’avérait – à sa manière – relativement fidèle au ressenti manette en main, d’un joueur venu se détendre et s’amuser un peu. Ce n’est donc pas de ce Street Fighter que nous allons causer, mais d’une autre adaptation. Moins connue. Plus rare. Plus Z, nanardeuse et abominable.

 

Street Fighter : La Légende de Chun-Li : photo, Kristin Kreuk

“,Mais qu’est-ce que je fais là ?”

 

Il s’agit à l’évidence de Street Fighter : La Légende de Chun-Li. Rarement production aura semblé aussi absurde. Pour interpréter la musculeuse, athlétique et brutale combattante, voici que débarque Kristin Kreuk, dont personne ne songe sérieusement qu’elle puisse détruire beaucoup plus que des biscottes beurrées laissées une semaine au micro-onde. Il faudra donc survivre au visionnage d’un film d’action, aux prétentions martiales, dont l’interprète n’a aucune connaissance en la matière. Ce pourrait être drôle, cela s’avère aussi léger que regarder un patient dépressif mourir d’hémophilie pendant un toucher rectal.

On est alors en 2009, et on vit les dernières heures de l’adaptation occidentale fauchée de méga-licences écrites sur un coin de table en sniffant des dizaines de grammes de cocaïne. Bientôt les commerciaux spécialistes des franchises prendront le pouvoir triomphalement, et même les pires tâcherons devront feindre de respecter ce qu’ils enfoncent à coups de talons dans les rétines des spectateurs.

Profitons donc de ce sommet de je-m’en-foutisme, qui justifierait presque à lui seul le vocable “appropriation culturelle”, quasiment le dernier représentant de son espèce. Ainsi, la séquence de baston entre personnages féminins dans les toilettes d’une boîte de nuit devrait rester comme un sommet d’absurdité, où tout le film nous hurle au visage comme il se déteste. Hallucinant et déprimant.

3. dead or alive

 

DOA : Dead or Alive : photoSi elles se battent avec des habits, elles meurent

 

N’y allons pas par quatre chemins : DOA : Dead or Alive est l’un des films les plus vulgaires jamais produits. Rien d’étonnant quand on sait que les développeurs du jeu dont il est adapté consacrent plus de temps aux animations mammaires de leurs combattantes qu’au reste. Mais il fallait oser passer le cap du grand écran sans atténuer l’hallucinante beauferie de la chose, plus flagrante encore sur pellicule.

Le long-métrage humilie sciemment la distribution, à commencer par ses comédiennes, morceaux de viande en bikini dont chaque mouvement est étudié pour flatter l’ado en rut, quand elles ne se battent pas directement en enfilant leur soutien-gorge, sans jamais dévoiler le moindre téton, bien sûr. Il s’agirait de rester sexiste sans se départir du puritanisme de rigueur, un classique de la série B pour boeufs des années 2000.

Leurs adversaires masculins, étrangement moins fans de maillot de bain, se répartissent entre brutes arrogantes copiant le style Titeuf (en vert cependant), clones paternalistes de Hulk Hogan et clones insultants de Bruce Lee. Tout ce petit monde sous amphet’ se met sur la tronche à l’occasion d’un mortal kombat d’un tournoi “Dead or Alive” organisé par le seigneur du Z, le dieu des retourneurs de veste (il aurait tout appris à Manuel Valls) : l’immortel Éric Roberts. Forcément, on lui fait confiance.

 

DOA : Dead or Alive : photo, Jaime PresslyÀ droite, un joueur selon Hollywood 

 

Sur le papier, la chose a tout du gros nanar rigolo, mais elle tient en fait surtout de l’insulte pure et simple. Elle prouve le mépris hallucinant de l’industrie américaine pour les univers vidéoludiques et sa perception des joueurs – une bande de gros beaufs libidineux frustrés et facilement impressionnables selon elle. Une fois de plus, personne ne s’est donné la peine de soigner les bastons du film, une démonstration de faignantise assez délirante quand le principal argument de l’oeuvre originale est… la baston.

À l’instar du scénario et du casting, la mise en scène prend les amateurs de jeu vidéo pour des abrutis finis, mimant vaguement la nervosité inhérente au médium à grand renfort de mouvements d’appareil disgracieux et de raccords boostés aux animations numériques qui répètent le nom du film à intervalles réguliers, au cas où on l’aurait oublié. Le jour où la production américaine respectera son public, elle arrêtera de pondre des saletés de cet acabit.

2. wing commander

 

Wing Commander : photo, Freddie Prinze Jr., Matthew Lillard, Tchéky KaryoL’expressivité à son maximum

 

Sur le papier, tout prédestinait Wing Commander à finir sur grand écran. Le créateur de la saga spatiale, Chris Roberts, a dès le départ pensé sa série comme un grand spectacle. Passionné par la programmation de jeu, fasciné par Star Wars et Star Trek, le jeune britannique se lance dans la création d’un véritable space-opéra vidéoludique en 1990, à peine âgé de 22 ans, avec un succès indécent.

Wing Commander se déroule au 27e siècle, et relate la guerre opposant la confédération humaine Terran et la race extraterrestre des Kilrathi. Bien que le coeur des jeux soit les combats spatiaux, les softs sont également connus pour leur importante composante narrative. WC III et IV en particulier sont restés dans les mémoires pour leurs cut-scènes tournées en FMV (Full Motion Video) et pour avoir eu un casting de folie : Mark Hamill dans le rôle du meilleur pilote de la galaxie le Colonel Christopher Blair, Michael McDowell, John Rhys-Davis et Jason Bernard.

 

Wing Commander : photoUn regard de commisération envers les fans

 

Quand en 1999 on voit débarquer le projet d’un film live action Wing Commander. Avec le créateur historique de la saga de jeu aux commandes du film, un casting assez solide, et un budget de 30 millions de dollars, tous les voyants sont au vert. What could go wrong ? Comme on dit à la cour d’Elizabeth II. Eh bien à peu près tout.

Dès la diffusion du premier trailer, les voyants d’alerte ont commencé à s’allumer. Les effets spéciaux ont l’air d’avoir 10 ans de retard, les acteurs badinent trop pour être honnêtes et le design des vaisseaux n’avait plus rien à voir avec la saga de jeu vidéo. À ce sujet, Chris Roberts justifie sa mauvaise idée dans une interview à UsGamer :

“Star Wars était une source d’inspiration pour les jeux Wing Commander, donc je ne voulais pas que les gens disent que c’était juste un clone de Star Wars. J’ai préféré opter pour un look très littéral de Seconde Guerre mondiale dans l’espace, mais tous les gens qui ont grandi avec les jeux étaient habitués à ce qu’il ait une certaine apparence… »

 

Wing Commander : photoC’est ça le sauveur de l’humanité.

 

À sa sortie, le film confirme toutes les craintes, et ruine tout ce que les jeux avaient bâti. Wing Commander devait reposer les bases de la saga vidéoludique, en racontant les débuts de Christopher « Maverick » Blair (hello Top Gun) face à l’armada des Kilrathi. Incarné par un Mark Hamill impérial dans les jeux, Blair est ici campé par un Freddie Prinze Jr en roue libre.

Les Kilrathi sont une race de guerriers nobles, qui a érigé la guerre au rang d’art. Mi-félins mi-humanoïdes, ils affichent des faciès de lions ou de tigres, et leurs plus grands représentants portent des tenues richement décorées. Pour créer cette race, Chris Roberts s’est inspiré à la fois des Klingons de Star Trek et des Sardaukars de Dune.

Dans les jeux vidéo, leur représentation varie, passant de dessins bitmap dans les deux premiers volets à des costumes portés par des acteurs dans Wing Commander 3. Inspiré du travail de Jim Henson, ces costumes auraient pu les faire passer pour de gros chatons et pourtant, ils parviennent à conserver un aspect redoutable.

 

Wing Commander : photoLes Kilrathi rats de l’espace

 

Dans le film, tout ça est jeté aux oubliettes, finie la race de nobles guerriers, les Kilrathi deviennent des espèces de rats géants chauves. Presque constamment noyés dans une lumière verdâtre qui aura raison des rétines des spectateurs (et RIP les daltoniens), sans doute pour planquer le ratage total de leur design, ils ressemblent à de gros Maitre Splinter gonflés aux stéroïdes. Ignoble.

Entre des effets spéciaux atroces, un jeu d’acteurs cataclysmiques (Tcheky Kario qui vient juste pour toucher son chèque histoire de payer ses impôts) et des incohérences totales entre le lore des jeux et le film, Wing Commander est un fiasco complet. Le film est un tel raté qu’on pourrait en venir à se demander si le réalisateur a ne serait-ce que jouer aux jeux avant de se lancer dans la création du film. Il a fait pire : il les a créés, et s’est essuyé les pieds sur eux avec cette immondice cinématographique. Freddie Prinze Jr a déclaré au site MovieLine quelques mois après la sortie du film :

« Je ne supporte pas Wing Commander. Je ne peux pas regarder une seule scène de ce film… J’ai lu le scénario et je l’ai adoré. Mon pote Matthew Lillard aussi. On a eu les rôles tous les deux. On est allés sur place et ils ont dit : “Voici le nouveau scénario”. C’était de la merde. »

On est absolument d’accord avec lui.

 1. TOUT UWE BOLL :  ALONE IN THE DARK, far cry, bloodrayne…

 

Alone in the Dark : photo

“Vraiment confort ce visionnage”

 

Il faudra se battre pour nos enfants. Pour qu’à travers eux, le souvenir d’Uwe Boll jamais ne périsse, et qu’à leur tour, ils puissent mettre en garde le monde. Réminiscence teutonne de ce que l’Allemagne peut produire de plus déplaisant, le réalisateur (ou, comme le disent les professionnels, “l’individu muni d’une caméra qui est légalement reconnu comme responsable des objets dont l’affiche accueille le patronyme”) s’est taillé une solide réputation dans l’ignominie. En effet, non content d’être moins doué pour le cinéma que Landru pour le féminisme, il a en outre travaillé à saborder la culture vidéoludique comme personne.

 

BloodRayne : photo, Kristanna LokenLarmes de sang et de cinéma

 

Avant que cette dernière ne soit trop cotée économiquement, mais alors qu’elle constitue déjà une communauté dynamique et désireuse de prolonger les univers qu’elle a appréciés, manettes en main, Boll va organiser de véritables raids financiers pour acquérir les droits de diverses licences. Ce fut le cas de Far Cry, BloodRayne, Alone in the Dark ou encore Postal. Le prévenu a systématiquement suivi le même mode opératoire : éventration totale du sujet de base, qu’on dépouille de sa narration initiale, tout en salissant son univers ou ses références les plus évidentes. Le tout est passé à la moulinette d’un succès autre (Commando pour Far Cry, Resident Evil pour Alone in the Dark, Underworld pour Bloodrayne, etc etc.).

 

Far Cry : photo, Til Schweiger

Far from Far Cry

 

Les marques auxquelles Boll fait subir les derniers outrages le mettent dans une posture un peu particulière : celle où on lui confie un – minimum de – budget. Or, si ses opus les plus cosmiquement foireux étaient totalement désargentés, le voir essayer de filmer quelque chose avec des costumes, au sein d’un décor, est fascinant. Rien ne va. Le présumé coupable ne parvient ni à découper l’action, ni à l’organiser, ni à hiérarchiser quoi que ce soit.

Quant au montage, gageons qu’un jour prochain, une civilisation extraterrestre parviendra à en extraire un sens quelconque. En l’état, on perçoit non seulement combien Uwe méprise ce qu’il adapte, mais surtout à quel point il se moque d’y parvenir.

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