Gaming

Far Cry : on a classé les jeux de la saga, du pire au meilleur

La saga Far Cry est l’une des plus populaires du studio Ubisoft, elle méritait donc un classement de ses opus, du pire au meilleur.

Il y a déjà 18 ans sortait Far Cry, un FPS au parfum de films d’action des années 80 mâtiné de science-fiction, et premier jeu d’une licence qui allait devenir l’une des épines dorsales de son éditeur, Ubisoft. Initialement développé par Crytek, le studio derrière Crysis, l’éditeur français prendra la main sur le développement dès Far Cry 2 pour une suite très différente.

S’ensuivra une série qui a toujours côtoyé le succès, les 10 millions de ventes étant dépassés à chaque nouvelle sortie depuis Far Cry 3, malgré une qualité pas toujours au rendez-vous. La popularité de la saga attirera même le malintentionné réalisateur Uwe Boll qui fit une pseudo adaptation non officielle, Far Cry.

 

“Ça, c’est moi. Vous vous demandez sûrement comment j’en suis arrivé là…”

 

La marque est un filon que Ubisoft ne va pas se gêner d’exploiter avec six jeux principaux. Le nouveau chapitre de la série sorti l’an dernier, Far Cry 6, a notamment pour antagoniste le Gus Fring de Breaking Bad, Giancarlo Esposito. Un ajout de choix au casting de cet opus, et de quoi concurrencer (ou pas) le meilleur méchant des Far Cry, Vaas Montenegro.

Une multitude de spin-offs, comme Far Cry 3 : Blood Dragon, ou des remasters tels que Far Cry Vengeance vont également permettre de garder les joueurs dans le giron du studio. Mais pour ce dossier nous avons décidé de nous concentrer sur la série principale, excluant de fait les nouvelles versions de Far Cry et les épisodes secondaires Blood Dragon, Far Cry Primal et Far Cry New Dawn. Alors que pour le moment le septième volet de la licence n’est fait que de rumeurs, on a établi notre liste subjective des épisodes Far Cry, du pire au meilleur.

Retrouvez également notre long classement des jeux Assassin’s Creed.

 

 

6. Far Cry 6

Sortie : 7 octobre 2021

Ce qu’il se passe ? Sur l’île de Yara, l’ex-soldat Dani Rojas veut commencer une nouvelle vie à Miami pour y vivre son rêve américain. Mais impossible pour lui de laisser l’archipel où il a grandi être saigné par le dictateur Anton Castillo. Dani va donc activement participer à la révolution voulant renverser le pouvoir du tyran, et ainsi devenir le guérillero ultime de Yara.

Pourquoi il est oubliable ? Rien de bien nouveau sous le soleil de Far Cry 6. Ubisoft est revenu aux fondamentaux en nous plaçant sur une île tropicale comme Far Cry et Far Cry 3, mais à la mode cubaine. Si le décor est idyllique, son design et le jeu tout entier nous hurlent au visage le gameplay. Pour ceux qui connaissent Far Cry – où n’importe quel autre monde ouvert sans inspiration –, ce dernier volet de la licence en appelle à tous vos réflexes d’explorateur/crafteur/tueur de pixels sans jamais créer la surprise. L’immersion n’est jamais là et l’histoire apparaît comme une peau brièvement cousue sur une ossature que l’on connaît par cœur.

Même les nouveautés, comme le sac à dos destructeur qui fait de nous un Roboguerilla, desservent le jeu puisque tout sentiment d’évolution de Dani est balayé au profit du fun avant tout. Et le jeu le dit, c’est même ce qui anime l’héroïne (ou héros), son goût de s’éclater à défourailler de l’ennemi en chantant Bella Ciao de Maître Gims devenu l’hymne de la rébellion. L’arbre de compétences est déraciné pour faire de Dani un Rambo en puissance dès la première heure de jeu.

 

Far Cry 6 : photoLa révolution à grands coups de subtilité entre les yeux

 

Alors que le premier meurtre de Far Cry 3 suscitait une réaction de dégoût chez le personnage. Là, Dani fait un aller-retour avec sa machette dans le torse d’un fantassin au travers d’un tutoriel sur l’infiltration. Ces mêmes soldats que l’on nous décrit comme n’étant pas tous des fanatiques de Castillo. Mais le jeu se veut cool et cartoon, le rapprochant plus du délire d’un Just Cause sans la surenchère à la Michael Bay que d’un survival questionnant l’humanité de son héros.

Une scène (pas) marquante : Le jeu est le premier de la série à avoir des cinématiques qui ne sont pas en première personne, permettant de donner de la liberté à un Giancarlo Esposito dans sa zone de confort. Pourtant, la mise en scène est rarement exploitée intelligemment à l’image de cette mission où un personnage secondaire meurt dans ce qui se veut un moment fort. Son décès est broyé par un montage indigeste et un sens du cadre inexistant, nuisant au suspense.

Et lorsqu’on reprend la manette, c’est sur un chemin balisé où le PNJ censé nous guider décide de refaire ses lacets à chaque mètre. Paresseux et mal pensé sont les sentiments qui ressortent de cette scène, et de tout Far Cry 6.

 

Far Cry 6 : photoLe combat contre les chemtrails ne finit jamais

 

5. Far Cry 4

Sortie : 18 novembre 2014

Ce qu’il se passe ? L’Américain Ajay Ghale retourne au Népal dans sa région de naissance, le Kyrat, pour y disperser les cendres de sa mère. Malheureusement, à peine arrivé, il est capturé par Pagan Min et son armée privée qui règnent sur le territoire. Il parvient à s’évader, mais le voilà au milieu d’une rébellion contre la tyrannie mise en place par Min. L’ironie du sort veut que le dictateur soit la seule personne à connaître le lieu où sa mère désire que ses cendres soient jetées.

Pourquoi c’est l’opus qui stagne ? Après le plébiscité Far Cry 3 qui posait les bases de la licence, Far Cry 4 devait donc réinventer une roue déjà réinventée. Un défi énorme que le studio n’arrivera pas à remplir. S’il a fait preuve d’une envie d’apporter des nouveautés, elles apparaissent surtout comme des ajouts sympathiques ou au goût de “toujours plus”. Ainsi, il y a des armes à en remplir les poches d’un héros de GTA, de nouveaux véhicules), plus d’animaux (notamment des éléphants que l’on peut chevaucher), des tours de contrôle à escalader symptomatiques des mondes ouverts génériques et un level design plus vertical qui demande l’usage d’un grappin.

 

Far Cry 4 : photoHurk, le lien entre tous les Far Cry

 

Mais tout paraît comme Far Cry 3 en moins fouillé. L’environnement montagneux de l’Himalaya et l’appropriation de la culture népalaise pour son histoire, comme dans les phases à Shangri-la, sont autant de coups de peintures pour cacher le moule établit par le précédent jeu. C’est surtout dans son antagoniste principal, Pagan Min, que les erreurs de Far Cry 4 frappent le plus. Il est plus coloré, plus présent, plus verbeux que n’était le cultissime Vaas Monténégro (le méchant du troisième jeu) et cherche à s’imposer à nous comme un méchant charismatique. Ubisoft voulait faire pareil en plus grand, mais le jeu subit la comparaison, l’empêchant d’exprimer ses qualités.

Un élément marquant : Tout le paradoxe du jeu se retrouve dans le gyrocoptère, un hélicoptère aussi solide qu’une construction en Kapla, et l’une des vraies nouveautés de cet épisode. Car ses forces renforcent les faiblesses de Far Cry 4. Il amène une liberté d’exploration aérienne inédite, mais nous éloigne de la violence de la guerre civile, brisant l’immersion émotionnelle qu’avaient les deux précédents jeux.

Également, la libération périlleuse des camps de Pagan Min (pensés comme des puzzles où l’on exploite la géométrie des lieux pour éliminer le plus efficacement les ennemis) prend une autre tournure quand l’on peut débarquer par le ciel, fredonnant la Chevauchée des Valkyries en esquivant des missiles. Tout le travail d’élaboration des décors passe à la trappe, mais au prix d’une bonne dose d’adrénaline aérienne.

 

Far Cry 4 : photoJeu de Min, jeu de vilain

 

4. Far Cry 5

Sortie : 3 novembre 2020

Ce qu’il se passe ? Joseph Seed, alias “Le Père” et sa “Famille”, sa secte apocalyptique, a la main mise sur la ville de Hope County, située en plein Montana. Le gouvernement américain n’est pas décidé à le laisser asseoir son pouvoir sans réagir, et envoie un groupe d’officiers pour interpeller Joseph. Mais alors qu’ils débarquent en hélicoptère, celui-ci est abattu, le Marshall et ses troupes sont faits prisonniers par la secte. Seul le shérif, incarné par le joueur, s’en sort et va devoir libérer tout ce beau monde tout en mettant un terme aux agissements de la famille Seed.

Pourquoi c’est une semi-réussite ? Sur le papier, le pari Far Cry 5 était plus qu’osé. Ramener l’expérience de survie sauvage dans le Montana, en plein cœur des États-Unis, opposer le héros à une bande de fanatiques religieux, afin de procéder à une dénonciation des travers des cultes et des croyances, brouiller les limites entre bien et mal… Tout autant d’arguments de vente du produit qui sont rapidement tombés à l’eau.

 

Far Cry 5 : photoL’accueil chaleureux des gens du Midwest

 

Si Far Cry 5 propose un magnifique voyage en plein Midwest, il cristallise déjà tous les travers du monde ouvert de la recette Ubisoft. Le changement de cadre, des îles tropicales au Midwest n’est en réalité qu’esthétique, et ne modifie en rien le fond de la formule Far Cry déjà rodée. Overdose de quêtes secondaires, une faune qui passe son temps à agresser le joueur, une IA plus que perfectible, un scénario bancal…

L’impression de rejouer ainsi au même jeu depuis Far Cry 3 s’installe dans les esprits, et Far Cry 5 sent le réchauffé. Reste qu’il s’agit du titre de la saga à avoir fait preuve du plus de « courage » en matière d’écriture, avec des fins toutes apocalyptiques qui voient toujours le bad guy gagner. Mais cela ne suffit pas à remettre à flot le navire Far Cry 5.

Une scène marquante : Au cours de la mission “Paradise Lost”, le héros doit affronter Faith Seed, la sœur adoptive de Joseph Seed. Sous l’effet d’une drogue appelée “The Bliss” (“la Grâce” en VF), le héros est plongé dans une phase hallucinatoire dont la mise en scène renvoie aux travaux d’un certain Hideo Kojima (sans en avoir le génie débridé). Malheureusement, il trouve sa résolution à grands coups d’armes à feu, ce qui annihile la portée quasi mystique du combat. Il n’en reste pas moins l’un des moments de Grâce (justement) de Far Cry 5.

 

Far Cry 5 : photoUn peu de douceur dans un monde de brutes

 

3. Far Cry

Sortie : 23 mars 2004

Ce qu’il se passe ? Jack Carver pensait pouvoir vivre une petite vie tranquille dans le Pacifique Sud, naviguant tranquillement d’une île à l’autre. Alors qu’il pensait arrondir sa fin de mois en amenant Valérie Constantine sur une île de Micronésie, son bateau est détruit, et il se retrouve à devoir survivre face à une nature sauvage, à des soldats armés et même à des mutants. Fort heureusement, Jack est un ancien membre des Forces Spéciales Américaines, ce qui lui sera bien utile pour retrouver Val et sauver sa peau. 

Pourquoi il reste incontournable ? À sa sortie en 2004, l’exclusivité PC Far Cry a emporté à la fois les suffrages du public et de la critique. Les graphismes du titre, son hyper réalisme, son IA bluffante et sa nature organique et vivante, ont détonné dans le paysage vidéoludique de l’époque, en faisant un hit instantané capable de rivaliser avec les monstres Doom 3, Half-life 2 ou Painkiller.

 

Far Cry : photoUn jeu sponsorisé par le Club Med

 

Presque 20 ans après sa sortie, reprendre les rênes de Far Cry 1 a quelque chose d’étrange, tant l’opus est éloigné de ce que la série est devenue. Car ce titre fondateur est aux antipodes de l’open world à la sauce Ubisoft. Il se structure en missions successives dans de vastes espaces qui invitent à l’expérimentation pour trouver la meilleure approche afin d’accomplir les tâches imposées.

La raison de cette différence fondamentale entre Far Cry 1 et le reste de la franchise ? Ce titre fondateur a été créé par Crytek, la société qui sera ensuite à l’origine de la série Crysis (où l’on retrouve bien des éléments de ce Far Cry 1). A posteriori, on lui pardonne aisément ses délires à base de monstres mutants pour se délecter de ce FPS nerveux et diablement inventif, dont le gameplay n’a pas pris une ride.

Une scène marquante : Far Cry débute comme un pur survival en milieu sauvage, où la nature hostile est le pire des ennemis du protagoniste. Cependant, dans sa dernière ligne droite, le titre se transforme en un délire type L’île du docteur Moreau, avec un savant fou, le Dr Krieger qui s’amuse à jouer les petits dieux en créant des primates mutants et en manipulant l’ADN de ses ouailles pour en faire des super soldats. Le délire se termine en un final abracadabrant, avec un duel au cœur d’un volcan face à ce savant fou. Un pur délire de série B aussi débile que jouissif.

 

Far Cry : photoMoi, moche et mutant

 

2. Far Cry 2

Sortie : 24 octobre 2008

Ce qu’il se passe ? Une guerre civile déchire un pays fictif d’Afrique de l’Est où les deux factions, aussi violentes et dangereuses l’une que l’autre, sont équipées par un trafiquant d’armes se faisant appeler Le Chacal. Un mercenaire étranger (le héros) est envoyé l’assassiner pour enrayer le conflit afin d’aider à sa résolution pacifique.

Pourquoi il est le brouillon avant le chef-d’œuvre ? Après un premier jeu linéaire et bourrin, Far Cry 2 se veut être celui du renouveau, le premier de la franchise, que va cette fois développer Ubisoft. Désormais, le monde est ouvert et le joueur peut s’y promener à pied (mais c’est long) ou dans divers véhicules motorisés. Plus vivant qu’avant, l’environnement gagne en réalisme, surtout dans sa destruction. Un feu peut rapidement prendre des proportions qui mettront en péril un joueur placé dans le sens du vent. Cette physique réaliste et ravageuse va bouleverser le système de combat de ce FPS, et lui apporter une plus-value vis-à-vis de la concurrence.

 

Far Cry 2 : photoLe barbecue a dégénéré

 

Mais l’une des forces oubliées de Far Cry 2 est son récit loin d’un manichéisme plombant. Le protagoniste n’a rien d’héroïque et son mutisme renforce notre statut d’acteur impuissant d’une guerre insoluble, avant que l’on ne devienne simple spectateur de la noirceur des hommes. Plus l’aventure avance, plus cette quête d’amener la paix paraît impossible, choisir un camp ou l’autre n’aidant en rien, et la désillusion du Chacal sur le monde incarne tout le pessimisme de cet épisode. Un scénario de qualité qui deviendra le plafond de verre infranchissable de la saga, Far Cry 3 trônant au-dessus.

Un élément marquant : Impossible de ne pas parler de Far Cry 2 sans mentionner la malaria. Un traumatisme pour tous les joueurs tant cette mécanique de jeu s’en prend constamment au personnage, nous obligeant à gober des gélules pour atténuer les effets (qui peuvent aller jusqu’à tuer le héros). L’une des pires idées de l’histoire du jeu vidéo et en même temps une prise de risque audacieuse pour créer une tension permanente. Ce gameplay de malade (littéralement) aura son hommage sous la forme du mode de difficulté le plus dur de Far Cry 3, « Pire que la malaria ». Mais les vrais l’auront expérimenté dans Far Cry 2.

 

Far Cry 2 : photoLe deltaplane, transport officiel de la saga Far Cry

 

1. Far Cry 3

Sortie : 29 novembre 2012

Ce qu’il se passe ? Dans un archipel idyllique, une bande de jeunes Américains en vacances se fait capturer par des pirates. Le voyage des touristes devient un combat pour la survie et le héros, Jason Brody, doit devenir une machine à tuer pour sauver ses amis et lui de ce cauchemar. Le risque n’étant pas de perdre la vie, mais la raison.

Pourquoi c’est le meilleur ? Après deux opus qui nous mettaient dans la peau d’hommes entraînés au combat, Far Cry 3 nous laisse aux commandes d’un Californien plus proche du joueur que d’un Schwarzenegger à la mitrailleuse fumante. De là part l’idée géniale du jeu de nous plonger dans un enfer vert façon Apocalypse Now où la folie côtoie les palmiers, alors que le héros perd progressivement son innocence de jeune Américain favorisé. Les séquences oniriques illustrent la démence qui prend Brody, torturé par l’horreur à laquelle il contribue, mais contraint par l’envie du joueur de massacrer des PNJ. Brillant, dérangeant et rarement revu dans un jeu AAA.

 

Far Cry 3 : photoLa petite danse de la vahiné entre deux massacres : un plaisir coupable

 

Mais comme une bonne histoire ne fait pas tout dans un jeu vidéo, Far Cry 3 peut se vanter d’être le sommet de la franchise niveau élaboration du jeu. L’exploration de l’archipel incarne l’infernale descente aux enfers de Brody avec son esthétique de carte postale tâchée par la brutalité sanguinaire de ses meurtres. Le monde ouvert a été construit comme un environnement où la main de l’homme n’est pas présente partout, sans paraître vide comme les futurs mastodontes du genre. Et cette réussite est à mettre sur le compte d’une île pensée aussi comme un personnage que les pirates ont dû apprivoiser pour s’y installer.

Le meilleur exemple réside dans la façon qu’a l’IA d’évoluer dans cette nature. On se perd souvent à observer un fauve en embuscade, prêt à bondir sur une biche ou sur des gardes armés. Une image que l’on reproduit avec Brody s’apparentant de plus en plus à un prédateur (Predator même) qui fait de la jungle luxuriante son terrain de chasse à force d’évoluer ses compétences. Un jeu riche à tous les niveaux, ce qui ne sera jamais égalé ensuite dans la franchise.

 

Far Cry 3 : photoUne liberté de mouvement qui fait de nous un One Army Man implacable

 

Une scène marquante : Vaas Monténégro, le vilain (même pas principal) de cet opus est rentré dans le Hall of Fame des méchants de jeu vidéo. Sa brillante écriture autant que son doublage exceptionnel ressortent particulièrement dans la scène à la réplique “est-ce que je t’ai déjà donné la définition de la folie ?” – aussi culte que le “pourquoi cet air si sérieux ?” du Joker de The Dark Knight. Une scène finalement très courte en comparaison de son impact émotionnel où Vaas se révèle être un homme rendu fou par sa vie de pirate en quelques lignes de dialogue parfaites.

Dossier écrit par Jacques-Laurent Techer et Lucas Jacqui.

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