Science

Retour au port pour Nomade des mers, laboratoire de test des low-tec – Sciences et Avenir

Sciences et Avenir : Le 25 juin, vous bouclerez un tour du monde de six ans à bord du voilier Nomade des mers en revenant dans l’après-midi à Concarneau (Finistère). Ce sera le point d’orgue de la première édition du festival Low-tech qui s’y tiendra pendant 9 jours. Comment a débuté cette aventure ?

Corentin de Chatelperron : Nous avons levé l’ancre en 2016 au départ de Concarneau. Cette aventure pourrait avoir pour point de départ l’achat en 2015 du bateau, que nous avons ensuite transformé pendant plusieurs mois. Tous les espaces dédiés à la plaisance ont ainsi été remodelés en laboratoires, l’objectif étant de tester une cinquantaine de low-tech. Notre équipage était en général composé de quatre personnes, des experts dans les domaines testés.

Qu’est-ce qu’une low-tech ?

C’est une technologie ou un savoir-faire qui répond à trois objectifs : cela doit être utile, accessible et durable. Utile parce que cela répond aux besoins de base (nourriture, hygiène, santé, etc.). Accessible car fabricable, réparable et appropriable localement. Enfin, durable parce que respectueux de la planète et des humains.

Comment s’est articulé votre tour du monde ?

Nous avons visité 25 pays et regardé à chaque fois quelles innovations low-tech étaient localement utilisées, selon les problématiques et les contraintes régionales. A chaque fois, nous avons découvert des applications qui ont été ensuite testées sur le bateau. Nous avons traversé surtout les zones tropicales, mais nous sommes aussi remontés vers le Japon et les Etats-Unis et sommes descendus vers l’Afrique du Sud. Pendant ces six années, nous n’avons pas cessé de tester des systèmes nouveaux. Ce qui prenait le plus de place à bord, c’est le vivant : la culture de champignons, par exemple. Ces champignons nous servaient de comestibles et de matériaux isolants.

Comment des champignons peuvent-ils être utilisés comme matériaux ? 

La recette est simple. Il faut un moule que l’on remplit de sciure, de bois ou de paille, et de spores de champignons, des pleurotes dans notre cas. Le mycélium de ces champignons envahit le moule en quelques jours. Une fois les champignons récoltés, il reste le substrat solidarisé par le mycélium. Une fois séché et démoulé, le matériau obtenu est léger et isolant.

Back to top button

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker.