COVID-19

Vaccin Covid-19 : types, commande, Pfizer, Moderna, AstraZeneca ou Janssen

Quatre vaccins sont administrés en Europe (et en France) pour prévenir les formes graves de la Covid-19. Celui de Pfizer-BioNTech, celui de Moderna, d’AstraZeneca (Vaxzevria) et de Johnson&Johnson (Janssen). Autorisation de Pfizer aux 12-18 ans en France, dose unique après le covid, quel vaccin choisir, contre-indications… Dernières infos.

[Mise à jour le lundi 7 juin 2021 à 14h42] A date, quatre vaccins ont reçu le feu vert de l’Agence européenne du médicament (EMA) pour être administrés aux habitants des pays européens (dont la France) en prévention des formes graves de la Covid-19. Celui de PfizerBioNTech – premier à avoir été validé le 27 décembre 2020 et le plus administré en France – celui de Moderna, d’AstraZeneca (Vaxzevria) et de Johnson&Johnson (Janssen). D’autres sont en cours d’évaluation par l’EMA : le vaccin Spoutnik V (Russie), le vaccin CureVac (Allemagne), le vaccin Sanofi-GSK, le vaccin Novavax et le CoronaVac (vaccin chinois développé par Sinovac). En France, la vaccination est élargie à tous les plus de 18 ans depuis le 31 mai. Elle sera aussi ouverte aux 12-18 ans le 15 juin prochain, sur la base du volontariat et avec l’accord des parents, a annoncé Olivier Véran sur TF1 le 2 juin. Quelles différences entre les vaccins Covid ? Quels sont leurs noms ? Combien de doses ? Quelle est leur efficacité ? Leurs effets secondaires selon les essais cliniques ? Quels sont les futurs vaccins à être autorisés en Europe ? Comment se passe la vaccination en France ? Les vaccins sont-ils efficaces sur les variants ? Infos à jour. 

Dernières Infos :

  • Moderna demande l’autorisation de mise sur le marché pour les adolescents dans l’Union européenne. Le laboratoire a indiqué lundi 7 juin qu’il demandait l’autorisation d’être utilisé sur les adolescents dans l’UE. Pour l’heure, seul Pfizer est autorisé. 
  • Production et exportation record de vaccin en Europe. “Au 15 juillet, l’Europe aura produit 1 milliard de doses de vaccins. On est devenu le premier continent au monde en matière de fabrication et d’export de vaccins. On produit maintenant plus de 300 millions de doses, par mois. On exporte la moitié de notre fabrication, nous sommes les seuls à faire ça”, a indiqué Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur sur RTL lundi 7 juin. “Rien que sur le mois de juin, on va livrer entre 22 et 25 millions de doses à la France.”
  • 1 européen sur 2 a reçu au moins une dose de vaccin. “50% des Européens ont reçu au moins une dose”, informe Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur. “Il faut que l’ensemble de nos concitoyens européens et de notre compatriotes Français aillent se faire vacciner, c’est très important (…)”.
  • Israël lance la vaccination pour les adolescents. Israël a étendu la campagne de vaccination aux adolescents de 12 à 16 ans, rapporte l’AFP.
  • Point de vaccination en France. Au 6 juin, 27 957 453 personnes ont reçu au moins une injection, soit 41,7% de la population totale et 12 265 999 personnes ont reçu deux injections (soit 18,3% de la population totale et 23,4% de la population majeure). 13 709 004 personnes ont eu un cycle vaccinal complet.

Quels sont les noms des vaccins Covid-19 ?

Quatre vaccins sont autorisés en Europe : 

  • Le vaccin de Pfizer-BioNTech : COMIRNATY®.
  • Le vaccin de Moderna : Moderna COVID-19 mRNA ou COVID-19 Vaccine Moderna.
  • Le vaccin d’AstraZeneca : Vaxzevria (ex-COVID-19 Vaccine AstraZeneca) (pour le fabricant : AZD1222 ou ChAdOx1 nCoV-19).
  • Le vaccin de Johnson&Johnson : Vaccin COVID-19 Janssen.

Les vaccins font appel à des modalités d’action différentes mais ils ciblent tous la protéine Spike du virus Sars-CoV-2 qui permet la pénétration cellulaire du virus. La vaccination permet l’activation du système immunitaire. “Le germe qui pénètre dans l’organisme d’une personne vaccinée va se heurter à son système immunitaire préparé à le recevoir”, rappelait le Pr Daniel Floret, spécialisé en maladies infectieuses et vaccinologie et vice-président de la Commission Technique des Vaccinations à la HAS, le 7 mai 2020.

Il existe deux types de vaccins :

  • Vaccin “stérilisant” qui permettent d’interrompre la transmission du virus (aujourd’hui, les vaccins autorisés dans le cadre de la pandémie n’ont pas prouvé qu’ils étaient capables d’empêcher la transmission de la maladie quand une personne vaccinée est infectée).
  • Vaccin protecteur contre la maladie mais n’empêchant pas la transmission de l’infection : la vaccination pourrait être alors ciblée sur des populations spécifiques (c’est le cas des vaccins Pfizer et Moderna qui ont prouvé leur efficacité contre les formes graves de la Covid-19 d’où le fait qu’ils soient d’abord recommandés aux personnes les plus âgées).

“Pour mettre au point un vaccin contre une maladie virale, il faut bien connaître le virus qui en est à l’origine puisque le vaccin sera fabriqué à partir de certaines parties du virus qui feront réagir notre système immunitaire” rappelle le LEEM (association professionnelle qui regroupe les entreprises du médicament en France) dans un document dédié à la Covid-19 en juillet 2020. Les vaccins mis au point contre la Covid-19 font appel à différentes technologies :

  • Vaccin à partir de virus atténués ou inactivés  (comme le vaccin chinois) : Vaccin contenant des agents infectieux tués mais capables de susciter une réponse du système immunitaire. Ce type de vaccin demande de grandes quantités de virus.
  • Vaccin à partir de protéines virales : Le coronavirus possède à sa surface des pointes “spicules” qui lui permettent d’entrer en contact avec les cellules à infecter. Ces pointes sont des protéines virales qui ont pu être isolées en laboratoire. Elles peuvent être fabriquées et injectées pour faire réagir le système immunitaire à ces molécules étrangères.
  • Vaccin à partir d’ADN ou d’ARNm viral (Pfizer/Moderna) : Une séquence génétique du virus (ADN ou ARNm) est injectée et entre à l’intérieur de la cellule humaine. Celle-ci va l’utiliser pour produire la protéine virale associée qui va faire réagir le système immunitaire.
  • Vaccin à partir de vecteurs viraux (AstraZeneca/Johnson&Johnson) : Un virus atténué spécialisé (= vecteur) est utilisé pour véhiculer les éléments nécessaires à la future protection (la ou les protéine(s) d’intérêt et/ou sa ou leurs séquence(s) génétique(s)) jusqu’à nos cellules et ainsi les exposer à notre système immunitaire.

L’efficacité d’un vaccin ne peut se démontrer que sur le long terme, nous expliquait au début de la pandémie un porte-parole du service du Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection. Il faut que des personnes vaccinées et non vaccinées contre le virus aient été exposées dans une zone à risque pour que l’on puisse démontrer que la population vaccinée a été moins touchée que la population non vaccinée. Or, cela demande nécessairement un temps long“. Aujourd’hui, les spécialistes s’accordent pour dire qu’il faut au moins 6 mois pour pouvoir analyser le taux d’anticorps des personnes vaccinées, gage de leur protection. Dans la notice du vaccin Corminaty®, le fabricant Pfizer indique qu’un délai de 7 jours après la seconde dose du vaccin peut être nécessaire avant que les personnes vaccinées soient protégées de façon optimale.

  Vaccin Corminaty® (Pfzer-BioNTech) Vaccin ARNm Moderna Vaccin AZD1222 AstraZeneca Vaccin Janssen (Johnson&Johnson)
Taux d’efficacité global révélé lors des essais cliniques de phase 3 95% 90% 60-70% 67%

Efficace sur quoi exactement ? “Les résultats des études cliniques des candidats vaccins semblent converger pour démontrer un fait principal : la vaccination permet de réduire massivement la mortalité due au virus et à ses formes graves indique le ministère de la Santé en France le 11 janvier 2021. L’efficacité du vaccin recherchée aujourd’hui est donc la protection du risque de formes graves mais on ne sait pas s’il peut protéger contre la transmission du virus à d’autres personnes. “Pour que la stratégie vaccinale vise le contrôle de l’épidémie, il est nécessaire d’attendre que les études établissent la preuve que les vaccins ont une efficacité possible sur la transmission du virus et que la disponibilité des vaccins soit suffisante” indiquait la HAS dans son communiqué du 30 novembre.

L’administration des vaccins contre la Covid-19 se fait en deux doses :

  • espacées de 42 jours pour le vaccin Pfizer-BioNTech.
  • espacées de 42 jours pour le vaccin Moderna.
  • espacées de 9 à 12 semaines pour AstraZeneca : dans un communiqué du 3 juin, la HAS a indiqué que suite à l’inquiétude provoquée par l’émergence de nouveaux variants en provenance d’Inde, le directeur général de la Santé a sollicité l’avis de la HAS pour savoir s’il y a lieu de raccourcir le délai entre la première et la seconde dose du vaccin d’AstraZeneca, actuellement fixé entre 9 et 12 semaines. Résultat : “la HAS recommande-t-elle de ne pas modifier, à ce stade, l’intervalle actuellement prévu entre deux doses de vaccin VAXZEVRIA®, soit 9 à 12 semaines.”
  • pas d’espacement pour le vaccin Janssen puisqu’il s’administre en une seule dose.

Une seule dose quand on a eu le Covid

Pour les personnes qui ont déjà été contaminées par la Covid-19, la HAS recommande d’attendre 3 mois minimum avant de se faire vacciner, voire de “se rapprocher des 6 mois et de n’utiliser dans ce cas qu’une seule dose de vaccin. “Les personnes ayant eu une infection par le SARS-CoV-2, confirmée par un test RT-PCR ou antigénique, qu’elles aient ou non développé une forme symptomatique de la Covid-19, doivent être considérées comme protégées pendant au moins 3 mois par l’immunité post-infectieuse explique l’autorité. Elles conservent une mémoire immunitaire“Pour les millions de Français qui ont déjà contracté le COVID, avec ou sans symptômes. Même si c’était il y a plus de 6 mois, une seule dose de vaccin est nécessaire. Des tests sérologiques rapides pourront vous être proposés dans les centres de vaccinationa informé le ministre de la Santé mercredi 2 juin sur TF1.

 3ème dose

Conformément à l’avis du 6 avril 2021 du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, l’injection d’une troisième dose de vaccin à ARNm est nécessaire pour les personnes sévèrement immunodéprimées (transplantés d’organes solides, transplantés récents de moelle osseuse, patients dialysés, patients atteints de maladies auto-immunes sous traitement immunosuppresseur fort de type anti-CD20 ou anti-métabolites). Cette troisième injection doit intervenir 4 semaines au moins après la deuxième dose, ou dès que possible pour les personnes qui auraient déjà dépassé ce délai.

  Mode d’action Efficacité Conservation (non ouvert) Age (en France) Intervalle pour la 2e dose Délai de protection maximale
Pfizer-BioNTech ARNm 95%

• pendant 6 mois entre -90 °C à -60 °C,

• pendant 5 jours entre 2 °C et 8 °C

• ou pendant 2 heures à une température maximale de +30 °C.

18-59 ans avec comorbidités/maladies graves et + 60 ans 42 jours 10 jours après la 2e injection
Moderna ARNm 90%

• pendant 7 mois entre -25 °C à -15 °C,

• pendant 30 jours entre 2 °C et 8 °C

• ou pendant 12 heures à une température comprise entre +8 °C et +25 °C

18-59 ans avec comorbidités/maladies graves et + 60 ans 42 jours 10 jours après la 2e injection
AstraZeneca Vecteur viral 60-70%

• au réfrigérateur entre 2-8°C.

• après sa première ouverture, moins de 6 heures à température ambiante (à moins de 30°C) ou 48 heures au réfrigérateur entre 2°C-8°C

+ 55 ans 9 à 12 semaines. 10 jours après la 2e injection
Johnson&Johnson Vecteur viral 67%

• pendant 3 mois au réfrigérateur

• 6 heures après ouverture au réfrigérateur

+ 55 ans Dose unique. 2 semaines après l’injection

Comme tout médicament, un vaccin peut générer des effets secondaires. L’Agence nationale du médicament (ANSM) publie chaque semaine sur son site, le point de situation de la surveillance des effets indésirables des vaccins en France.

La Haute Autorité de Santé a rappelé le 2 mars que, malgré l’absence de données suffisantes au cours de la grossesse, l’administration des vaccins contre la Covid-19 chez la femme enceinte n’est pas contre-indiquée ; elle doit être envisagée si les bénéfices potentiels l’emportent sur les risques pour la mère et le fœtus. En particulier, les femmes enceintes de plus de 35 ans ou celles présentant d’autres comorbidités comme l’obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires, ou les femmes enceintes susceptibles d’être en contact avec des personnes infectées du fait de leur activité professionnelle pourraient se voir proposer la vaccination. Par mesure de précaution, dans l’attente des résultats finaux des études menées chez l’animal pour le vaccin à vecteur viral d’AstraZeneca et compte tenu des syndromes de type grippal ayant été rapportés avec ce vaccin, la HAS, conformément aux recommandations de l’ANSM, recommande de privilégier chez la femme enceinte les vaccins à ARNm (Comirnaty® ou Moderna®), pour lesquels les études animales n’ont pas montré de conséquence sur le développement du fœtus.

En pratique, selon l’Agence nationale du médicament :

  • Chez une femme enceinte, il est recommandé de discuter cette décision en étroite concertation avec son médecin, sa sage-femme ou son gynécologue afin d’évaluer individuellement le bénéfice de la vaccination.
  • Si une femme enceinte a mal toléré sa première dose de vaccin, quel que soit le vaccin, il est conseillé de différer la deuxième dose après la fin de la grossesse, en concertation avec son médecin, sa sage-femme ou son gynécologue.
  • Si une première dose a été administrée alors que la grossesse était encore méconnue, il n’existe aucun élément inquiétant à ce jour pour la mère et pour l’enfant à naitre, quel que soit le vaccin. Si la première dose a été bien tolérée, le schéma vaccinal peut être normalement, poursuivi.

Chez la femme qui allaite : il n’existe pas d’étude sur le passage de ces vaccins dans le lait ou chez la femme allaitante, mais la HAS rappelle que, sur la base des mécanismes biologiques (dégradation rapide des ARNm), il n’y a pas d’effet attendu chez le nourrisson et l’enfant allaité par une femme vaccinée. La vaccination chez la femme allaitante est donc possible.

Quatre vaccins Covid ont été autorisés et sont disponibles en France :

  Vaccin Pfizer-BioNTech Vaccin Moderna Vaccin Vaxzevria (AstraZeneca) Vaccin Janssen
Date de l’AMM donnée par l’Europe 21 décembre 2020 6 janvier 2021 29 janvier 2021 11 mars 2021
Date d’autorisation en France 27 décembre 2020 8 janvier 2021 2 février 2021 12 mars 2021

On ne peut pas choisir son vaccin puisqu’ils disposent chacun d’une “population cible”. Pour chacun des vaccins, un avis de la HAS précise les personnes éligibles et les modalités d’utilisation. Il est par contre possible de choisir entre Pfizer et Moderna, vaccins ayant la même cible de population, lors de la prise de rendez-vous par Internet dans les centres de vaccination. Les sites indiquent par exemple “1ère injection vaccin Covid-19 (Pfizer-BioNTech)” ou “1ère injection vaccin Covid-19 (Moderna)”.

Les Autorisations de mises sur le marché (AMM) sont délivrées par la Commission Européenne. Dans le contexte de la pandémie et de l’urgence de santé publique, les AMM sont dites “conditionnelles”. Comme l’explique l’ANSM, une AMM conditionnelle permet l’autorisation de médicaments qui répondent à un besoin médical non satisfait avant que des données à long terme sur l’efficacité et la sécurité ne soient disponibles. Une AMM conditionnelle est accordée pour un an et peut être renouvelée. Lorsque les autorités européennes ont reçu et évalué toutes les données complémentaires exigées, l’AMM conditionnelle peut être convertie en une AMM standard.

Vaccins autorisés en Europe

  • Le vaccin Comirnaty® à ARNm Covid-19 est le premier vaccin à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle en Europe le 21 décembre 2020.
  • Le vaccin de l’américain Moderna (également à ARNm) est le second vaccin à avoir reçu le feu vert de l’EMA le 6 janvier 2021. La Haute Autorité de Santé n’a pas encore validé sa commercialisation en France. 
  • Le vaccin d’Astrazeneca et de l’Université d’Oxford (phase 3 des essais cliniques) basé sur la technologie du vecteur viral a été autorisé le 29 janvier 2021.
  • Le vaccin de Janssen de Johnson&Johnson également sur la technologie du vecteur viral autorisé le 11 mars 2021 (pas encore disponible).

Vaccin en cours d’analyse par l’EMA

  • Le vaccin Spoutnik V (Russie).
  • Le vaccin CVnCOV de CureVac (Allemand).
  • Le vaccin Sanofi-GSK.
  • Le vaccin Novavax.
  • Le vaccin CoronaVac de Sinovac (Chinois)

Vaccins pas encore soumis à l’EMA

  • Le vaccin Sanofi-Pasteur.

Au 4 juin 2021, selon les données de l’ECDC et des producteurs de vaccins : 

  • 325,8 millions de doses livrées à l’UE
  • 260,2 millions de doses administrées dans l’UE
  • 48% de la population de l’UE vaccinée avec au moins une dose

L’Europe est leader de la production de vaccins avec 27 sites de production répartis dans 11 pays de l’Union européenne. L’Europe produit chaque année 1,7 milliard de doses de vaccins, soit 76 % de la production mondiale. “Le choix des usines de production du vaccin COVID-19 va dépendre du type de vaccin à produire et du procédé technologique employé” détaille le LEEM. Au 26 avril, l’EU compte 53 sites de fabrication de vaccins covid et nous prévoyons une capacité de production annuelle de plus de 3 milliards de doses d’ici la fin de l’année 2021 selon le Commission Européenne. Plusieurs sites de production peuvent produire pour plusieurs continents de même que les différentes phases de production d’un vaccin peuvent être répartis sur plusieurs sites (un site produit l’antigène, un site conditionne…). Les vaccins distribués en France peuvent donc être produits sur plusieurs continents.

production vaccin covid
Carte de production des vaccins Covid-19 en France © Gouvernement.fr

→ Le vaccin Pfizer-BioNTech est produit dans les sites de fabrication de Pfizer en Belgique (à Puurs) et aux Etats-Unis ainsi que par BioNTech à Marburg en Allemagne. A partir du 7 avril, l’usine du français Delpharm basée en Eure-et-Loir produira aussi le vaccin Pfizer.

→ Le vaccin Moderna est fabriqué à Viège en Suisse et à Monts en Eure-et-Loir.

→ Le vaccin AstraZeneca est notamment produit par Novasep à Seneffe en Belgique et par le néerlandais Halix à Leiden, aux Pays-Bas. Le vaccin est conditionné en Italie à Agnini et en Espagne.

→ Fareva devrait produire le vaccin allemand CureVac (s’il reçoit l’autorisation de l’Agence européenne du médicament) sur ses sites de Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Val-de-Reuil (Eure) d’ici juin.

→ Sanofi débutera cet été le flaconnage des vaccins de Janssen à Marcy-l’Etoile (Rhône).

La Commission européenne a déjà réservé jusqu’à 2,6 milliards de doses de vaccins contre la COVID-19, et des négociations sont en cours pour obtenir des doses supplémentaires. La Commission a également conclu des discussions préliminaires avec Novavax en vue d’acheter jusqu’à 200 millions de doses. La France doit bénéficier des mêmes vaccins que les autres pays de l’Union européenne. “Le nombre de doses étant réparti en fonction de la population de chaque état membre” avait rappelé le Président de la République le 24 novembre. “Rien que sur le mois de juin, on va livrer entre 22 et 25 millions de doses à la France” a indiqué Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur sur RTL lundi 7 juin. 

Commandes pour l’Europe (en millions de doses) Dont doses pour la France
Pfizer 600 50
Moderna 460 24
AstraZeneca 400 44
Johnson&Johnson 400 NC
CureVac 405 NC
Sanofi-GSK (vaccin en cours d’examen) 300 NC
France Doses totales distribuées (au 4 juin) Doses totales administrées (au 4 juin- source Vaccinetracker.ecdc.eu)
Pfizer-BioNTech 28 003 950 27 649 861
Moderna 3 847 600  3 246 942
AstraZeneca 7 680 300 5 052 039
Janssen 817 200

217 510

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Nombre de doses de vaccins distribuées en Europe au 4 juin © Vaccine Tracker Ecdc

Un certificat est délivré lors de la vaccination. La France a mis en place “Tous anti-covid Carnet” mardi 20 avril 2021 sur l’application déjà disponible Tous Anti Covid. “Avec #TousAntiCovid-Carnet, vous pourrez intégrer dans l’app grâce à un #QRCode : les résultats des tests, votre certificat de vaccination” a expliqué Cédric O, Secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques sur Twitter. Il s’agit d’une première étape qui vous permettra de voyager en Union européenne en toute sécurité. C’est quoi concrètement ? Quel est son but ? 

Face à un virus très contagieux et mortel pour les plus fragiles, plusieurs grandes entreprises du médicament et de grandes biotechs ou centres de recherche se sont positionnés dans la course au vaccin. De nombreuses alliances se sont formées. Tous les essais de phase 3 menées concernent des vaccins qui s’administrent par voie intramusculaire.

ENTREPRISE PARTENARIAT TYPE DE VACCIN
PFIZER BioNTECH ARNm
MODERNA NIH – BARDA ARNm
CureVAC   ARNm
SANOFI Translate Bio – BARDA ARNm
ASTRAZENECA Oxford University – BARDA Vecteur viral
J&J   Vecteur viral
MSD Institut Pasteur/Université de Pittsburgh – IAVI/BARDA Vecteur viral réplicatif
GSK Clover Biopharmaceuticals Protéine recombinante
SANOFI GSK (adjuvant) – BARDA Protéine recombinante

Pfizer est le premier laboratoire dont le vaccin à ARNm “COMIRNATY” (BNT162b2) a été commercialisé en Europe. Il a été autorisé par l’Agence Européenne du médicament, le 21 décembre, aux 27 pays membres (il a été validé au Royaume-Uni le 8 décembre). Le 9 novembre, après 10 mois de travaux, le laboratoire annonçait avoir mis au point un vaccin efficace à 90% contre le coronavirus, selon les premiers résultats de ce candidat en phase 3 relatés dans un communiqué. Le 14 avril, la Commission européenne est parvenue à un accord avec BioNTech-Pfizer afin d’accélérer la livraison des vaccins. 50 millions de doses supplémentaires, initialement prévues pour le quatrième trimestre 2021, seront livrées au deuxième trimestre, dès le mois d’avril. Pour se préparer à l’avenir, la Commission a également annoncé entamer des négociations avec BioNTech-Pfizer en vue d’un troisième contrat prévoyant la livraison de 1,8 milliard de doses de vaccin pour la période 2021-2023. Le 11 mais, la Food and Drug Administration, autorité sanitaire des Etats-Unis, a autorisé l’utilisation de ce vaccin pour les 12-15 ans. 

Le vaccin du laboratoire américain Moderna est un vaccin ARN messager. Il ne consiste donc pas à inoculer le virus mais une part du code génétique du virus. Il est autorisé par l’Agence européenne du médicament (EMA) le mercredi 6 janvier et le 8 janvier par la Haute Autorité de Santé pour la France. 

Le vaccin AstraZeneca (nouvellement nommé Vaxzevria) administré en France depuis le 6 février 2021 utilise un vecteur d’une version affaiblie d’un virus du rhume commun (adénovirus) qui provoque des infections chez les chimpanzés et contient le matériel génétique de la protéine de pointe (protéine spike) du virus SARS-CoV-2. Après la vaccination, la protéine de surface spike est produite, amorçant le système immunitaire et l’incitant à attaquer le virus SARS-CoV-2 s’il infecte plus tard le sujet.

Le vaccin Janssen de la société Johnson&Johnson a été autorisé par l’Agence européenne du médicament le 11 mars 2021. Le 20 avril, l’Agence européenne du médicament a rendu son avis sur le vaccin Johnson&Johnson alors que son utilisation avait été suspendu aux Etats-Unis en raison de rares cas de caillots sanguins. Pour l’EMA, le rapport bénéfice/risque du vaccin de Johnson&Johnson global reste positif. Ce vaccin est basé sur une version atténuée d’un virus responsable de rhinopharyngite chez l’homme (adénovirus). Son but est de produire seulement une partie du virus de la COVID-19, la protéine spike ” S “, qui sera reconnue par le système immunitaire et induira ainsi une réponse immunitaire et de bloquer la multiplication du SARS-CoV-2 dans l’organisme humain. Ce vaccin dit à ” vecteur viral non réplicatif ” repose sur une technologie qui a été utilisée pour l’un des vaccins contre Ebola, approuvé par l’Agence Européenne du Médicament. 

Le comité des médicaments de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé dans un communiqué du 3 février 2021 avoir entamé un examen continu du NVX-CoV2373, un vaccin COVID-19 en cours de développement par Novavax CZ AS (une filiale de Novavax, Inc.). Selon des résultats préliminaires, le vaccin déclenche la production d’anticorps et de cellules immunitaires qui ciblent le SRAS-CoV-2, le virus qui cause le COVID-19. La société mène actuellement des essais chez l’homme pour évaluer sa sécurité, son immunogénicité (dans quelle mesure elle déclenche une réponse contre le virus) et son efficacité contre le COVID-19.

En France, une Task Force (force opérationnelle) a été mise en place à l’Institut Pasteur pour le développement de vaccins dès le début de l’épidémie. Trois projets ont été étudiés dont un sur un vecteur de la rougeole, abandonné en janvier 2021.

Le laboratoire français, basé à Lyon, Sanofi travaille sur deux candidats-vaccin contre la Covid-19 : un vaccin à base de protéine recombinante développé avec GSK et un vaccin à ARN réalisé avec Translate Bio.

→ Sanofi et GSK ont annoncé jeudi 26 mai dans un communiqué qu’ils ont commencé leur étude internationale de phase 3 : “Les premières vaccinations dans le cadre de cette importante étude pivot de phase III ont débuté et nous nous en félicitons car nous pensons que notre plateforme technologique unique aboutira à une solution vaccinale d’une grande utilité clinique”, a déclaré Thomas Triomphe, Vice-Président exécutif et responsable Monde de Sanofi Pasteur dans le communiqué. Ainsi, plus 35 000 volontaires âgés de 18 ans et plus seront recrutés dans différents pays, dont les États-Unis et plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Le vaccin développé avec GSK avait déjà montré des résultats encourageants lors de l’essai de phase II : il induisait une forte réponse immunitaire chez les adultes, toutes tranches d’âge confondues, a indiqué le laboratoire dans un communiqué le 17 mai. Le vaccin pourrait être disponible d’ici la fin d’année.

→ Quand à l’autre candidat vaccin réalisé avec Translate Bio, baptisé “MRT5500“, il a induit la production de concentrations élevées d’anticorps dans le cadre d’études précliniques. Un essai clinique de phase I/II devrait débuter au premier trimestre 2021 pour une approbation potentielle au deuxième semestre de la même année. Le groupe pharmaceutique français Sanofi a annoncé dimanche 14 février qu’il lancerait au deuxième semestre 2021 une étude clinique de “phase trois” pour son candidat-vaccin à ARN développé avec la société américaine Translate Bio. 

Le vaccin allemand Curevac est examiné par l’Agence européenne du médicament depuis le 12 février 2021 pour être éventuellement autorisé prochainement en Europe. C’est un vaccin à ARN.

Le vaccin russe Spoutnik V (en référence au premier satellite artificiel de l’Histoire conçu par l’Union soviétique) serait efficace à 91.6% contre les formes symptomatiques du COVID-19, selon les résultats de la phase finale de son essai clinique publiés mardi 2 février 2021 dans la revue médicale internationale The Lancet. 

En Chine, trois vaccins sont administrés dans le pays : CoronoVac du laboratoire Sinovac et deux vaccins Sinopharm, du laboratoire éponyme. L’OMS a validé le vaccin Sinopharm en mai et le vaccin de Sinovac le 1er juin. “Je suis heureux d’annoncer que le vaccin Sinovac est homologué sur la liste d’urgence. Son innocuité a été établie, son efficacité a été prouvée après l’administration de deux doses”, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS le 1er juin. 

DATES CLES DE LA VACCINATION COVID-19
  • 8 décembre : l’Angleterre est le premier pays à vacciner sa population avec le vaccin Pfizer.
  • 14 décembre : début de la vaccination au Canada et aux Etats-Unis avec le vaccin Pfizer.
  • 21 décembre : l’Agence européenne du médicament rend un avis positif sur le vaccin Pfizer et donne son feu vert à sa commercialisation dans toute l’Europe.
  • 27 décembre : la France comme les autres pays de l’Union Européenne commencent à vacciner leur population avec le vaccin, Pfizer/BioNTech. 
  • 30 décembre : le Royaume-Uni est le premier pays à autoriser le vaccin d’Astrazeneca. 
  • 6 janvier : autorisation du vaccin Moderna par l’Agence européenne du médicament (EMA).
  • 8 janvier : autorisation du vaccin Moderna par la Haute Autorité de Santé pour la France.
  • 29 janvier : autorisation du vaccin AstraZeneca par l’Agence européenne du médicament.
  • 25 février : début de la vaccination chez les médecins généralistes et en entreprise en France avec le vaccin AstraZeneca.
  • 11 mars : l’EMA donne son feu vert à l’autorisation du vaccin Janssen de Johnson&Johnson en Europe.
  • 1er mai : ouverture de la vaccination aux personnes souffrant de maladies chroniques et d’obésité en France.
  • 31 mai : ouverture de la vaccination à tous les adultes, en France, sans aucune condition. 
  • 15 juin : les 12-18 ans peuvent être vaccinés en France avec le vaccin de Pfizer.

Merci à Hela Ketatni, biologiste médical à Paris, au Dr Mathieu Lafaurie, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris et au porte-parole du service du Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection.

Sources :

EMA recommends COVID-19 Vaccine AstraZeneca for authorisation in the EU. 29 janvier 2021

EMA recommends COVID-19 Vaccine Moderna for authorisation in the EU. 6 janvier 2021.

Le candidat-vaccin à ARNm contre la COVID-19 de Sanofi et Translate Bio a induit la production de concentrations élevées d’anticorps dans le cadre d’études précliniques. Communiqué de presse Sanofi. 15 octobre 2020.

Covid-19 et vaccins : 12 questions-réponses, LEEM, 22 juillet 2020

Recherche clinique (vaccinologie), Faculté de médecine – Université Paris Descartes

Essai vaccinal : les différente étapes, CRIPS Ile-de-France, avril 2016. 

“Vaccin contre le Sars-CoV-2 – 9 juillet 2020 Une stratégie de vaccination”, Conseil scientifique Covid-19

Inserm, Les cellules souches sanguines ont une mémoire immunitaire et ouvrent des pistes dans la recherche sur le Covid-19, 12 mai 2020.

Institut Curie, Nicolas Manel, Covid-19 et immunologie. 

Institut Pasteur, les projets de recherche sur le coronavirus.

Centre de recherche Allemand sur les infections (DZIF), développement de vaccins contre le SARS-CoV-2.

Sanofi, Sanofi et GSK s’associent pour lutter contre le COVID-19, communiqué du 14 avril 2020.

  • Le vaccin allemand CureVac (phase 3) basé sur l’ARNm. 
  • Le vaccin russe Spoutnik V.
  • Le vaccin de Sanofi-Pasteur et GSK (phase 2) annoncé pour fin 2021, basé sur les protéines virales.


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